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Inclassable,
sombre, rageur, The Kindest use a knife est dominé
par la silhouette fuyante d'un jeune violoncelliste raté,
Lee, dont on apprend le décès dès les premières
pages... Sa mort soudaine et violente affecte profondément
Peter, celui qui livre ses pensées, ses émotions et
ses réminiscences, tout en racontant le procès du
meurtrier présumé de Lee : longue suite désordonnée
de notes nostalgiques jetées sur le papier, au hasard, semble-t-il,
du cours des pensées de Peter, le roman est un véritable
labyrinthe émotionnel dont on ne s'extirpe que très
difficilement. Car Peter mène le jeu et le récit,
passionnant, avance à petits pas, par à-coups, en
ligne brisée, comme si le journal de Peter reflétait
la fêlure psychologique irréparable des personnages,
celle de Lee surtout.
L'originalité de la narration va de paire avec la subtilité
de l'intrigue car tout en déversant ses sentiments, Peter,
témoin exceptionnel, fait le portrait de divers personnages
; l'on apprend ainsi comment James n'a jamais cessé de manipuler
Lee, dès son arrivée, à seize ans, dans l'école
de musique fondée par Cabresi ; ce dernier avait pris Lee
sous son aile, percevant en lui l'étoffe d'un grand musicien,
et lui aussi tentait d'en faire sa "chose", un jeune prodige.
Peter retrace les années de Lee passées entre Cabresi
et James, la façon dont James cherchait à se servir
de Lee, et Peter s'interroge :"Existent-ils réellement,
ces gens-là ? A l'affût de notre vulnérabilité,
s'en servant comme d'un moyen pour s'infiltrer (...), attendant
de nous voir chuter. Sont-ils réels ou une simple construction
mentale ? Le point de mire de notre paranoïa?" Et
pourtant, c'est bien James qui fit découvrir la cocaïne
à Lee, qui l'embarquait dans de longues virées nocturnes,
qui l'aidait rencontrer des femmes, puis provoquait sournoisement
les drames qui laissaient Lee isolé de toutes et de tous...
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The
Kindest Use a Knife est une enquête intime étouffante
qui analyse avec finesse la difficulté à nouer
des relations entre êtres humains puis à les
rendre durables, les préserver intactes ; Peter examine
la tragédie de la solitude, seule réalité
palpable de la condition humaine. Le récit se déroule
en spirale infernale, emprunte des chemins tortueux pour petit
à petit nous amener à comprendre une vérité
toujours faussée, car toujours soumise au regard partial
de Peter (qui lui, ne se dévoile que tardivement dans
le récit) ; le doute s'insinue à petites doses,
et comme le narrateur (que l'on croyait fiable), on se demande
si James possédait une véritable tactique (cruelle
mais efficace), visant à détruire Lee à
petit feu, ou bien si tout n'était pas comme pré-ordonné,
dicté par une fatalité inhérente à
la personnalité de Lee : cette instabilité narrative
crée un saisissant effet de vertige et donne à
ce roman une rare intensité.
Blandine
Longre
(juin 2002)
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Le
premier roman de Vanessa Jones : Twelve

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http://www.sciences.demon.co.uk/r-jone-v.htm
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