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Le
roman paraît chez Bloomsbury,
sous le titre When I Was A Soldier, en avril 2004.
Quand
j'étais soldate est un témoignage autobiographique
touchant, qui sonne juste de bout en bout ; Valérie Zanetti
y décrit les deux années de service militaire (obligatoire)
effectuées entre 1988 et 1990 pour Israël, un pays où
elle n'est pas née mais où elle a vécu son
adolescence. Elle relate cette expérience terrifiante avec
beaucoup d'humour et d'aisance, même si elle doute parfois
de la fonction réelle de ces vingt-quatre mois (trente-six
pour les garçons) offerts (sous la contrainte) à ce
pays hautement militarisé.
L'histoire débute alors que la jeune fille se prépare
à passer son baccalauréat, un rituel qui pourrait
lui permettre, dans tout autre pays, d'entrer dans l'âge adulte,
mais en Israël, ce n'est qu'après son service que l'on
est véritablement considéré comme mature. "C'est
pour le pays, c'est bien, il faut donner au pays... C'est une expérience,
l'école de la vie", lui déclarent les employés
du magasin où elle travaille chaque après-midi ; et
chacun de lui offrir conseils et encouragements : "Prends
les choses comme elles viennent. De toute façon, tu ne décides
rien. Ils choisissent ton rôle, ta place, tu seras une soldate
parmi d'autres, un tout petit maillon de Tsahal (Armée
de Défense d'Israël)", lui explique un ami. Mais
chaque jeune fille compte aussi sur l'armée pour "trouver,
dans cet immense catalogue de garçons âgés de
dix-huit à vingt et un ans, celui qu'elle attend et qui tarde
à venir" ! Sa mère est à la fois triste
et fière (son autre fille est déjà dans l'armée
depuis un an) mais personne ne semble vraiment remettre en cause
cette obligation militaire. Valérie n'a pas l'impression
d'être à sa place, elle se sent encore française,
"étrangère" ; elle ne critique pourtant
pas ouvertement le système israélien, mais s'interroge
sur cette expérience hors du commun, qui ressemble parfois
à un "sympathique" lavage de cerveau, à
un conditionnement physique et mental qui semblerait totalement
aberrant aux adolescents français, mais que les jeunes israéliens
semblent accepter, tant les pressions familiales et politiques sont
fortes (même si certains ne sont pas dupes et tentent parfois
de déserter, comme son camarade Freddy).
| Les
premières journées dans le camp où Valérie
(matricule 3810159...) fait ses classes sont particulièrement
bien rendues ; elle a davantage l'impression de se retrouver
en colonie de vacances, une colonie épuisante, soit,
mais plutôt bon enfant... A travers ses descriptions et
son journal, on a le sentiment que les uniformes, les règlements,
la discipline et l'obéissance (face à des officiers
souvent âgés de quelques mois de plus seulement
!) sont les ingrédients d'une grande mascarade nationale,
un peu absurde et sans but défini. |
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Mais lorsqu'elle
se retrouve avec un pistolet-mitrailleur Uzi dans les mains, Valérie
comprend que la mort n'est jamais bien loin, que la guerre n'est pas
un jeu : l'armée la plonge dans une réalité oppressante
qu'elle ne contrôle plus, un univers clos dans lequel les brimades
sont fréquentes, le travail harassant et les autres soldates
parfois trop conditionnées.
Ce roman est
un ouvrage intelligent et mesuré (une qualité pour
qui veut aborder, même discrètement, la complexité
du conflit israélo-palestinien) qui nous fait partager les
joies, les chagrins, les peurs et les fiertés (en particulier
celle de se sentir l'égale des garçons) d'une jeune
fille qui se retrouve là un peu par hasard, mais qui s'en
tire pourtant très bien dans sa nouvelle existence : une
vie rythmée par les (rares) permissions, son travail dans
les services secrets et sa découverte de Jérusalem
et de Tel-Aviv. Quand j'étais soldate se lit
comme un véritable roman d'apprentissage ; la drôlerie
qui s'en dégage, alliée à une tonalité
optimiste qui oscille entre faux cynisme et ironie blasée,
est un aspect qui aimantera les lectrices (et lecteurs, on l'espère)
vers ce récit peu ordinaire.
B.Longre
(juillet 2002)

Valérie
Zenatti est née le 1er avril 1970 à Nice. Elle écrit
aujourdhui pour les enfants et enseigne lhébreu
dans un collège. Elle a vécu avec ses parents toute
son adolescence en Israël où elle a fait son service
militaire. Aujourdhui, elle est heureuse de vivre à
Paris même si la mer est loin
http://www.ecoledesloisirs.fr
http://www.liberation.com/israel/actu/20010405jeum.html
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