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Derrière
les capes et les épées
Le récit,
haut en couleurs, se déroule dans un XVIIIe siècle
de fantaisie, dans le royaume de Gavet, où règne un
tyran à la trogne particulièrement réussie,
incarnant le parfait méchant. L’homme est soutenu –
pour combien de temps encore ? - , par une poignée de nobles
et de prélats, dont certains songent tout de même à
prendre la place, et d’une armée fort zélée
mais souvent incompétente.
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Dans
ce royaume, existe le rocher de Livet, village auquel on accède
uniquement par des passerelles dangereuses. Dans le village,
une auberge, tenue par Lucienne et son fils Colin, où
se réunit une bande d’amis, fêtards, soiffards,
hostiles au Magister : Willem, le médecin, Théodore,
pamphlétaire intarissable, Charles, l’éternel
maladroit, et Gaspard Valbert, gentilhomme éduqué
et sans fortune, qui vit dans une caverne au bord d’un
lac. Les amis ne laissent jamais passer une occasion d’en
découdre avec la maréchaussée, de berner
les soldats, de faire circuler des libelles dénonçant
les exactions du Magister, de trimballer la nuit un tombereau
de purin pour souiller la statue du souverain. |
Ce dernier,
pour affermir son pouvoir, n’hésite pas à réprimer
très férocement toute tentative de révolte
et punit par exemple des gamins orphelins en les condamnant à
être enfermés 48 heures durant dans des cages suspendues
au dessus de l’abîme.
Gaspard a recueilli l’un d’entre eux, Jacquot, qu’il
tente de civiliser et d’éduquer. Jacquot est recherché
par la troupe et l’on comprend pourquoi dans le deuxième
volume.
La mort suspecte de l’archevêque de Bissy, l’une
des âmes damnées du souverain, met le feu aux poudres
et déclanche une série d’événements
dramatiques. Valbert et ses amis entrent en possession de documents
compromettant par le Magister qu’ils comptent bien exploiter.
Ceci n’empêche pas Valbert de courtiser les jolies femmes
du royaume. Après avoir un temps fréquenté
Thérèse, la sœur de Willem, qui a préféré
épouser le baron de Bellecombe, vient de tomber amoureux
d’Eléna, une brune pâtissière, belle femme
au tempérament explosif.
A Gavet la révolte enfle, les soldats arrêtent les
gens arbitrairement, persécutent les Révêlés,
membres d’une secte religieuse. L’émeute éclate
enfin, la troupe tire sur les gens et les amis, qui prennent part
aux combats, doivent se réfugier dans un village abandonné
pour éviter la mort.
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Gabus
et Reutimann composent un récit d’aventures bien
rythmé, une histoire de cape et d’épée,
dans la veine de Fanfan la Tulipe, où les
combats, la bagarre et l’humour ne manquent pas. Mais
le récit va plus loin et dénonce aussi l’arbitraire
du pouvoir, l’injustice, la privation de liberté,
la censure et l’hypocrisie des hommes d’église.
Les personnages principaux, Valbert et ses amis, sont sympathiques,
et s’inscrivent dans des idées que défendent
les philosophes des Lumières. Jean-Luc Bideau, dans
sa postface, souligne d’ailleurs « l’attitude
rousseauiste » de Valbert avec Jacquot, qu’il
veut adopter.
Soulignons aussi la qualité des dialogues, bien écrits,
savoureux, où les personnages s’expriment comme
aujourd’hui, et l’efficacité du découpage
de Reutimann, au service de la narration.
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Catherine
Gentile
(décembre 2006)
Catherine
Gentile est documentaliste, formatrice en littérature
jeunesse, présidente de l'Association du Festival du Livre
de jeunesse et de bande dessinée de la ville de Cherbourg-Octeville
et auteur de Bulles en stock (Bibliographie
sélective et commentée de bandes dessinées,
ed. Cedis, 1999) ; elle a aussi chroniqué littérature
de jeunesse et bande dessinée dans la revue Inter CDI pendant
plus de quinze ans.

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