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A l’occasion du Forum des Compagnons en janvier dernier
aux Subsistances — stage final d’une formation
de comédienne de deux ans organisée par Macocco-Lardenois
et Cie, la Compagnie Françoise Maimone et Les Trois-Huit
— j’ai pu mettre en œuvre l’esquisse
d’un projet qui me tenait particulièrement à
cœur : Utérasia. A travers
l’œuvre de plusieurs auteurs, Verlaine (Les poèmes
érotiques), Jean-Michel Rabeux (Les charmilles et les
morts), Alina Reyes (Le boucher)…, j’ai voulu
dire et montrer la femme abaissée au seul objet de
plaisir, femme «markétisée», réduite
à sa seule chair animale. Il n’y avait pas là
dénonciation, mais plutôt exposition de clichés
pour mieux les renvoyer, sur un mode ludique et provocateur,
à un inconscient collectif.
Désirant
poursuivre cette exploration et ce travail, j’aborde
aujourd’hui un texte de Dan Franck, illustré
par Enki Bilal : Un siècle d’amour.
Dans ce livre douloureux, un homme, « agitateur
d’histoires recomposées », découvre
dans son reflet du miroir, les femmes qui ont connu la guerre
et ses atrocités… "
Karelle Prugnaud
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création
sonore : Laurent François, lumières : Gabriel
Guenot
création photo : Stéphane Bouchoucha
avec : Céline Arnaud, Béatrice Bellangeon,
Marie Delhaye, Stéphane Guillaumon et Jessica Schmidt
Les
subsistances
Quai Saint-Vincent, Lyon
04 78 39 10 02

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La toute jeune
Karelle Prugnaud a mis en scène un texte
de Dan Franck illustré par Enki Bilal, intitulé Un
siècle d’amour. Ce spectacle mêlant rétro-projection,
musique, lumières, sons, traite des femmes ayant connu la
guerre et ses atrocités.
Pas plus d’une quinzaine de spectateurs ne tiennent dans cette
petite pièce blanchie à la chaux, assis sur des sièges
de fortune (planches sur moellons), encerclés de grillages
en fer. On assiste pendant plus d’une heure aux cris insupportables
de cinq comédiennes, égayés par de charmantes
diapos projetées sur le mur, représentant des scènes
d’animaux dépecés, à l’abattoir.
Le sujet abordé est clair : la femme-objet vue comme un morceau
de chair, un animal réduit à sa seule fonction sexuelle.
Sujet intéressant, traité de façon "lourde"
et malsaine par Karelle Prugnaud, qui s’embourbe dans les
clichés, ne laissant absolument rien ressortir de son spectacle.
Le mauvais goût flirte avec le morbide : un petit cochon à
piles s’avance en poussant de joyeux cris, entre les jambes
ouvertes d’une comédienne allongée, devant les
3 autres mimant des soldats, sifflant en chœur « Le
pont de la rivière Kwaï ». Ou bien encore,
Karelle Prugnaud, avec sa belle robe de princesse, ouvrant le rideau
des toilettes où elle se tient (parfois la tête dedans),
et où elle nous fait le plaisir de déféquer
d’un pistolet, avec lequel elle se suicide…
La souffrance existe, certes, elle est partout et chaque être
en fait le douloureux apprentissage. Mais qu’a voulu nous
dire Karelle ? Le but du spectacle est-il de choquer, de déranger,
afin de provoquer une répulsion violente ?
On ne peut que saluer le courage des comédiennes, très
peu vêtues, qui miment le viol avec beaucoup de vérité,
et hurlent à la mort leur souffrance, ainsi que celui des
spectateurs, qui ne sont pas là pour une partie de plaisir
! Encore une performance hermétique et bien peu attrayante
proposée aux Subsistances jusqu’au 7 juin.
Emilie
Jullin
(4 juin 2003)

Les
subsistances
http://www.les-subsistances.com/
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