du 16 au 23 octobre 2001

créé et mis en scène par
Florence Lavaud
(créé en février 1999 à Sarlat)


pour tout public à partir de 7/8 ans
durée 1h

 

au Théâtre des Jeunes Années, Lyon 9°
renseignements et location : 04 72 53 15 15

collaboration : Paul Tellier
scénographie : Stéphane Zang
musique et interprétation : Christian Paboeuf
lumières et régie : Christophe Borie
chorégraphie : Wally Bohr

comédiens : Xavier Bermudez, Joke Demaitre, Laurent Arnaud

 

Une salle et une scène plongées dans les ténèbres, où soudain, s'illumine le visage du loup et retentit un hurlement glaçant, puis une musique assourdissante... Ainsi démarre Un petit chaperon rouge, par un appel bestial dans lequel semblent se refléter nos terreurs les plus refoulées, et qui dévoile un loup affamé de chair et de puissance. La petite fille n'est pas loin, égarée dans un autre cercle de lumière aveuglante, niaise et innocente à souhait.
L'ambiance est posée, la rencontre peut avoir lieu entre un loup aux doigts griffus à l'apparence paradoxalement très humaine, mi-charmeur, mi-agresseur, et une jeune fille dont le rire inquiet oscille entre joie enfantine et hystérie.

Cette adaptation du célèbre conte se caractérise par l'absence presque totale de texte et par une mise en scène brillante et subtile, qui donne toute son ampleur au symbolisme souvent latent du mythe : un espace scénique dans une pénombre constante, où seuls se détachent quelques ronds lumineux et des arbres de toile imposants, l'omniprésence du rouge et du noir, des ritournelles envoûtantes... Un jeu de colin-maillard sur le point de mal tourner, une séance de magie très poétique, un jeu de "loup" (!) : Les saynètes où le loup, en grand manipulateur, met en scène quelques scénarios destinés à terrifier et à séduire la demoiselle, sont cruelles et cocasses tout à la fois. Car ce loup est loin de n'être qu'une "bête" ! Malin satyre ou danseur langoureux, illusionniste railleur ou torero de pacotille, il émerveille ou remplit d'effroi un jeune public qui ne sait plus bien quand il faut rire ou se méfier...

Le petit chaperon rouge de Florence Lavaud n'est ni celui de Perrault ni celui des frères Grimm, même s'il est (presque) fidèle à la trame populaire : la narration y est décousue (mais cela n'a que peu d'importance, car qui ne connaît pas le conte ?) et l'atmosphère oppressante, les gestes sont chorégraphiés et le dénouement plutôt surprenant, même si l'on a compris que le loup, malgré sa cruauté originelle (ou celle que les humains veulent bien prêter à un animal somme toute quasi inoffensif) n'a pas seulement de grandes dents mais aussi un grand coeur qui ne demande qu'à être entendu... c'est ainsi que pourrait aussi se lire le hurlement de départ.
Mais comme dans tout conte traditionnel, de multiples interprétations sont possibles, et la réussite de cette création se mesure à la qualité de sa polysémie : les plus jeunes auront peur, (d'autant plus que le loup est un homme), mais sauront aussi trouver matière à rire et à s'émerveiller, les adultes verront là une vision de l'innocence et de la virginité perdues, ou bien une évocation du cannibalisme (charnel et affectif) inhérent à la nature humaine, ou tout simplement une quête amoureuse peu banale ; mais tous auront beaucoup de plaisir à suivre l'imprévisible aventure d'un petit chaperon rouge qui ose enfin défier la morale de Perrault...

B. Longre


Le conte en ligne
http://www.alyon.asso.fr/litterature/livres/XVIII/esprit_salon/perrault
/le_petit_chaperon_rouge.html

Le spectacle
http://www.tndb.com/france/programme99/f_chaperon.html