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au
Théâtre
des Jeunes Années, Lyon 9°
renseignements
et location : 04 72 53 15 15
collaboration
: Paul Tellier
scénographie : Stéphane Zang
musique et interprétation : Christian Paboeuf
lumières et régie : Christophe Borie
chorégraphie : Wally Bohr
comédiens
: Xavier Bermudez, Joke Demaitre, Laurent Arnaud
Une salle et
une scène plongées dans les ténèbres,
où soudain, s'illumine le visage du loup et retentit un hurlement
glaçant, puis une musique assourdissante... Ainsi démarre
Un petit chaperon rouge, par un appel bestial dans
lequel semblent se refléter nos terreurs les plus refoulées,
et qui dévoile un loup affamé de chair et de puissance.
La petite fille n'est pas loin, égarée dans un autre
cercle de lumière aveuglante, niaise et innocente à
souhait.
L'ambiance est posée, la rencontre peut avoir lieu entre
un loup aux doigts griffus à l'apparence paradoxalement très
humaine, mi-charmeur, mi-agresseur, et une jeune fille dont le rire
inquiet oscille entre joie enfantine et hystérie.
Cette
adaptation du célèbre conte se caractérise
par l'absence presque totale de texte et par une mise en
scène brillante et subtile, qui donne toute son ampleur
au symbolisme souvent latent du mythe : un espace scénique
dans une pénombre constante, où seuls se détachent
quelques ronds lumineux et des arbres de toile imposants,
l'omniprésence du rouge et du noir, des ritournelles
envoûtantes... Un jeu de colin-maillard sur le point
de mal tourner, une séance de magie très poétique,
un jeu de "loup" (!) : Les saynètes où
le loup, en grand manipulateur, met en scène quelques
scénarios destinés à terrifier et à
séduire la demoiselle, sont cruelles et cocasses
tout à la fois. Car ce loup est loin de n'être
qu'une "bête" ! Malin satyre ou danseur
langoureux, illusionniste railleur ou torero de pacotille,
il émerveille ou remplit d'effroi un jeune public
qui ne sait plus bien quand il faut rire ou se méfier...
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Le
petit chaperon rouge de Florence Lavaud n'est ni celui de Perrault
ni celui des frères Grimm, même s'il est (presque)
fidèle à la trame populaire : la narration y est décousue
(mais cela n'a que peu d'importance, car qui ne connaît pas
le conte ?) et l'atmosphère oppressante, les gestes sont
chorégraphiés et le dénouement plutôt
surprenant, même si l'on a compris que le loup, malgré
sa cruauté originelle (ou celle que les humains veulent bien
prêter à un animal somme toute quasi inoffensif) n'a
pas seulement de grandes dents mais aussi un grand coeur qui ne
demande qu'à être entendu... c'est ainsi que pourrait
aussi se lire le hurlement de départ.
Mais comme dans tout conte traditionnel, de multiples interprétations
sont possibles, et la réussite de cette création se
mesure à la qualité de sa polysémie : les plus
jeunes auront peur, (d'autant plus que le loup est un homme), mais
sauront aussi trouver matière à rire et à s'émerveiller,
les adultes verront là une vision de l'innocence et de la
virginité perdues, ou bien une évocation du cannibalisme
(charnel et affectif) inhérent à la nature humaine,
ou tout simplement une quête amoureuse peu banale ; mais tous
auront beaucoup de plaisir à suivre l'imprévisible
aventure d'un petit chaperon rouge qui ose enfin défier la
morale de Perrault...
B.
Longre

Le
conte en ligne
http://www.alyon.asso.fr/litterature/livres/XVIII/esprit_salon/perrault
/le_petit_chaperon_rouge.html
Le
spectacle
http://www.tndb.com/france/programme99/f_chaperon.html
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