
photo Frédéric
Joyeux |
avec
Jean
Badin / Gérard Desarthe / Gilles Gaston-Dreyfus / Eléonore
Dubulluit
Audrey Fleurot / Eva Green / Catherine Herold / Jean-Pierre
Malo
Jean-Paul Muel / Maryvonne Schiltz / Valentine Varela
Production
: Théâtre du Nord, Maison de la Culture de Bobigny
- M.C. 93, Maison
de la Culture de Loire Atlantique, Les Célestins
- Théâtre de Lyon
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Sur le devant
de la scène des verres phosphorescents jonchent le sol, signes
d'une nuit agitée. Au dernier plan, une toile évoque
un paysage en trompe l'il. Le décor est planté,
la tonalité de la pièce donnée : vie dissolue,
tromperie et duperie en seront les maîtres mots. Vautrée
dans un canapé, une femme, bas sur les chevilles, jambes
écartées, dort encore. Elle n'est autre que la baronne.
Veuve, coquette, elle est aussi éperdument éprise
d'un jeune et beau chevalier qui use et abuse de ses bonnes grâces,
et qui, sous différents prétextes, en échange
de quelques caresses passionnées, lui soustrait toute sa
fortune.
Mais cela n'a guère d'importance pour la baronne puisque
cette fortune n'est pas la sienne, mais celle d'un dénommé
Monsieur Turcaret. Ce dernier, soi-disant veuf, éperdument
épris de la baronne, la couvre de cadeaux en échange
de quelques paroles fallacieusement flatteuses.
Et l'on prend en pitié cette pauvre "tête de turc"
de Turcaret que l'on pense un instant être le dindon de la
farce, une sorte de Bourgeois Gentilhomme que tout
le monde raille en cachette. Lorsqu'il entre en scène, il
est à la hauteur de nos espérances : outrageusement
maquillé, excentriquement coiffé, engoncé dans
un costume qui ne lui sied point, égocentrique, maladroit,
vulgaire et ridicule.
Mais on apprend très vite que ce grotesque bonhomme n'est
autre qu'un requin des affaires, une vraie sangsue ; qu'en fait
de veuf, il est marié et verse à sa femme une pension
pour qu'elle reste en province ; que ses mauvaises manières
et son inculture, il les tient de ses origines d'ancien valet ;
qu' il a bâti sa fortune "sur la spoliation et l'usure".
La mise en abyme ne s'arrête pas là. Tout ce jeu de
dupes et d'arroseurs arrosés se déroule sous l'il
averti du valet du chevalier : Frontin. Extérieur et lucide,
il se jouera de tous en feignant de servir leurs intérêts,
et tirera les ficelles. Celui qu'on ne soupçonnait pas se
révélera le sacrificateur suprême, bouclant
la boucle en mettant un terme au règne de Turcaret : "Voilà
le règne de Monsieur Turcaret fini ; le mien va commencer."
La pièce est représentée dans un lieu unique,
en costumes d'époque. Gérard Desarthe a choisi dans
sa mise en scène de "laisser les classiques à
leur place", un peu trop peut-être. On aurait aimé
un tant soit plus de témérité et d'extravagance.
Le recours quasi-systématique aux adresses au public pour
souligner le double sens du discours alourdit la mise en scène.
On passe outre à tous ces aspects conventionnels grâce
aux comédiens dont le jeu vif, juste et captivant sert cette
comédie acide sur le monde "des hommes et des affaires".
Isabelle
Bory
(avril 2002)
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"Turcaret
de Lesage est un diamant noir de la comédie humaine
des murs et des affaires taillées sur le modèle
de la convention théâtrale moliéresque.
Soif d'argent et chasse aux plaisirs nouent les intrigues
d'une société dans laquelle avoir c'est être,
exister c'est paraître. (...) Les interactions enchevêtrées
du désir nous livrent la mécanique de la comédie
qui se joue tandis qu'est mis à nu, sur un fond de
bilan comptable, le secret de la circulation de l'argent dans
le commerce des corps." (Jean Badin)
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photo
Frédéric Joyeux
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http://pharouest.ac-rennes.fr/e560051B/Presentation/AR-Lesage.htm
http://www.ac-reunion.fr/pedagogie/lyvergerp/FRANCAIS/EAF_2001_Syntheses
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