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Antonio Latella met en scène trois pièces de Jean
Genet, à raison d'une par soir : I negri (Les Nègres),
Stretta sorveglianza (Haute surveillance) et Querelle.
Haute surveillance, pièce en un acte, a été
éditée pour la première fois en 1947 (La Nef
n°28) et a été créée sur scène
le 26 février 1949, au Théâtre des Mathurins
à Paris, mise en scène par Jean Marchat et Jean Genet.
Alors que l'auteur la qualifiait de " brouillon ", il
se replonge dedans peu avant sa mort, en 1985, afin d'en donner
une version nouvelle et définitive.
Cette courte pièce narre les relations torturées entre
trois détenus : Yeux-verts, Maurice et Lefranc, respectivement
un chef assassin, fort en gueule mais illétré, un
cambrioleur qui veut prendre la place du chef et un jeune homme
efféminé semant le trouble. Ils se querellent pour
la femme du chef, mais aussi pour les faveurs ambiguës de celui-ci
nous sommes chez Genet !
Haute surveillance contient toute la thématique
du mal propre à Genet (l'enfermement, la révolte,
l'amour, le crime), annonciatrice des pièces à venir.
Huis-clos par excellence, l'acte unique de cette pièce suit
la joute verbale de trois prisonniers (dont l'un, Yeux-verts, est
condamné à mourir sous peu) et la montée tragique
des rapports de force (sous l'il du surveillant) jusqu'au
meurtre de l'un des détenus, point paroxystique de cette
relation ambivalente d'attirance/répulsion. Le meurtre est
ici l'ultime moyen d'expression : tuer pour se sentir vivre, mais
c'est un échec.
Alors que Laurent Fréchuret avait choisi une dalle
blanche aveuglée de lumière pour décor de cellule
dans sa mise en scène en 98 au Théâtre de Vénissieux,
Antonio Latella, lui, sature le plateau, noir et sombre,
de lumière rouge, tendant entre le public et les comédiens
des filins d'acier horizontaux figurant les barreaux de la geôle.
Une multitude d'ampoules pendent le long de leur fil, illuminant
certains moments phares de la pièce.
On ne peut qu'être ébahi par le courage des comédiens
de se dévoiler à ce point, et aussi crûment
(voir les longues scènes de masturbation bestiale, ainsi
que les relations intimes presque pas simulées
). Certes,
l'homosexualité masculine est très présente
chez Genet, mais la montrer de cette manière confine à
l'obscénité : pourquoi les auteurs jouent-ils nus
(mais oui, complètement ! ) ? La relation sexuelle entre
les deux détenus a-t-elle besoin de s'étendre à
ce point ? Cette mise en scène volontairement dérangeante
n'est pas sans rappeler celle des Brigands
de Schiller, mis en scène par Nathalie Veuillet (2000), et
qui avait choqué le public des Célestins. En outre,
la synchronisation du surtitrage français et du texte italien
est médiocre, ce qui limite beaucoup la compréhension
du spectateur, d'autant plus que les costumes (et pour cause !)
ne nous sont d'aucune aide pour différencier chaque personnage.
La mise en scène déroutante, ajoutée à
la langue étrangère, nous éloigne, hélas,
de la beauté initiale du texte.
Emilie
Jullin
(novembre 2002)
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TNP,
Villeurbanne
04 78 03 30 00
Dans
le cadre du 11e festival de l'Union des Théâtres
d'Europe
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Antonio
Latella est Napolitain, comédien sous la direction
de Vittorio Gassman, de Luca Ronconi, de Massimo Castri
et il a trente ans. En 1998, le Teatro Out Off, une «
scène alternative » de Milan, lui offre loccasion
de passer à la mise en scène avec Agatha
de Marguerite Duras et dentreprendre, avec Othello,
une plongée dans Shakespeare, quil poursuit au
Teatro Argot de Rome avec Macbeth et au Fontana Teatro
de Milan avec Roméo et Juliette et Hamlet.
Depuis un an, grâce au Nuovo Teatro Nuovo de Naples
et au Teatro Garibaldi de Palerme, Antonio Latella sest
immergé plus profondément encore dans luvre
de Jean Genet, transmettant la charge idéologique
des Nègres par la fièvre contagieuse émanant
du jeu des protagonistes, poursuivant sa tentative de briser
les moules du théâtre occidental, à la
recherche dune pureté primitive.
Pour lensemble de ses travaux sur William Shakespeare
et sur Jean Genet, Antonio Latella a reçu le Prix Coppola
Prati et le Prix UBU 2001, une distinction particulièrement
exigeante et très convoitée. Avec la Trilogia
Genet à Villeurbanne, il jouera pour la première
fois sur une scène française.
(M. Bataillon)
Avec
Matteo Caccia, Marco Cacciola, Fausto Caroli, Antonella Caron,
Michelangelo Dalisi, Anna Di Maggio, Carlo Fico, Marco Foschi,
Sabrina Jorio, Marco Martini, Fatima Martins, Massimiliano
Paggetti, Peppe Papa, Fabio Pasquini, Annibale Pavone, Giovanni
Prisco, Howard Ray, Rosario Tedesco, Stefania Troise, Emilio
Vacca.
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Union
des Théâtres de l'Europe
http://www.ute-net.org
http://www.tnp-villeurbanne.com
http://www.ifrance.com/JeanGenet/
http://www.colline.fr/site/para2.htm
http://www.rivistaprometheus.it/rivista/ii32/genet1.htm
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