Danses
de Transylvanie
Comme pour
la plupart des films de Tony Gatlif, ce n’est pas dans
le scénario de Transylvania,
confondant de simplicité, encore moins dans les dialogues,
tellement caricaturaux que les comédiens ne peuvent rien
en faire, non, ce n’est pas là qu’il faudra
s’attarder. Si l’on parvient à faire abstraction
de ces gros défauts, tout de même vecteurs d’une
naïveté pas complètement déplacée,
on trouvera dans Transylvania un beau
film sur une des plus belles régions d’Europe,
et l’une des plus cosmopolites, au cœur de la Roumanie.
Quatorze
ans après Latcho drom, et neuf
ans après le célèbre Gadjo
dilo, Tony Gatlif renoue ainsi avec la Roumanie
des Tziganes, dans laquelle il projette la belle Asia Argento
(Zingarina), jeune femme qui sombre dans la démence après
une rupture amoureuse, avatar hollywoodien de la non moins (sinon
plus) belle Rona Hartner d’antan. Au cours de son errance,
Zingarina rencontre Tchangalo (Birol Ünel), homme solitaire,
cœur sombre et fier, lui aussi errant… Le reste n’est
que musique, danse et beuverie mystiques ; entre deux routes
désolées, d’industries désaffectées
en campagnes sauvages, de villes en villages (et le spectateur
pourra reconnaître notamment Cluj-Napoca, ou Sighisoara),
parmi Roumains, Sachs, Hongrois, et, bien sûr, Tziganes
à grand chapeau noir, les fêtes se suivent, dramatiques
et excessives, dans la fournaise des caveaux de Transylvanie,
où l’on danse, chante et boit à très
grande vitesse, toujours en quête de la transe libératrice.
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Puisant,
non sans maladresse, dans le folklore roumain et dans
ses rites les plus étranges (des impressionnants
masques de bêtes à l’exorcisme), d’une
caméra moins inspirée que pour Exils,
mais s’appuyant comme toujours sur une musique soignée,
Tony Gatlif montre une Transylvanie dont l’intensité
parvient à échapper au piège des
clichés – même si, plus que jamais,
ces deux heures de Transylvania valent surtout pour leur
invitation au Voyage…
Nicolas
Cavaillès
(octobre 2006) |

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