Samedi
22 mai 1999
16
h 30
Conférence par Gilles Cantagrel
18
h 00
· Récital :
Wayne Marshall, orgue
Verdi, Messiaen, Healey-Willan, Saint-Saëns, Campbell, Carter
dimanche
23 mai 1999 11 h 00
Rencontre-Démonstration
18
h 00 · Récital :
Thomas Trotter, orgue
Wagner, Elgar, Gounod, Stanford, Best,Thomas,
Lemare
lundi
24 mai 1999 20 h 30 ·
Concert
:
Vincent Warnier, orgue
Alexandre Tharaud, piano
Franck,
Dupré, Prokofiev, Vierne
Le
week-end de la Pentecôte est consacré à " l'orgue symphonique,
entre hédonisme et introversion ". Les grandes orgues de l'Auditorium
Maurice Ravel, conçues par Aristide Cavaillé-Coll et installées
en 1878 au palais du Trocadéro à Paris, furent remaniées en
1937 par V. et F. Gonzalez ; c'est en 1977 que, restaurées,
elles devinrent lyonnaises. Avec 81 jeux et 6337 tuyaux, l'instrument
est un véritable orchestre à lui seul, particulièrement adapté
à une musique symphonique faisant appel à une singulière autonomie
de l'orgue depuis le XIXème siècle.
Wayne
Marshall, qui inaugure ce petit cycle de concerts (et qui sera
suivi de Thomas Trotter et Vincent Warnier), n'est pas un inconnu
à Lyon, où il a dirigé en décembre 1998 Porgy and Bess de Gershwin.
Ce musicien anglais, spécialiste de l'orgue romantique français,
actuellement en résidence au Bridgewater Hall de Manchester,
met en jeu dans son art instrumental tous ses talents de chef
d'orchestre et de virtuose.
Après
un brillant extrait le L'Ascension d'Olivier Messiaen (" Transport
de joie d'une âme devant la gloire du Christ qui est la sienne
"), alternent des mesures méditatives et des morceaux très animés.
Les transcriptions d'une ouverture de Verdi (par W. Marshall
lui-même) et de la Danse macabre de Saint-Saens, aux registrations
particulièrement élaborées dans une perspective orchestrale,
demandent à l'interprète une virtuosité, une concentration,
une forme et un engagement physiques dont, à l'évidence, il
ne manque pas. Une découverte pour certains auditeurs : Healey-Willan,
compositeur anglais contemporain, dont W. Marshall a donné Introduction,
Passacaglia et Fugue : Introduction contenant des éléments annonciateurs
de l'ample mouvement ascendant de la Passacaille, suivie d'une
Fugue empreinte du souvenir de Bach, en une structure classique
revisitée par quelques rythmes et harmonies modernes.
Le
récital s'est achevé par une vaste improvisation sur le thème
bien français de Frère Jacques, auquel s'est malicieusement
intégré celui de La Marseillaise, coulée parfois dans des rythmes
trahissant la passion de l'organiste pour le jazz. L'interpénétration
des deux thèmes, notamment dans une section fuguée, est une
belle trouvaille.
Le
talent de Wayne Marshall, ses choix, sa virtuosité, sa sensibilité,
son humour ont brillamment mis en valeur les qualités symphoniques
de l'orgue de l'Auditorium.
J.P.
Longre

Orgue
et compagnie. Les orgues en France : concerts, stages, compositeurs,
musique, facteurs, bibliothèque, discothèque, associations et
des liens :
http://www.orguefrance.org/

orchestre
national de Lyon
jeudi
10 juin, 20 h 30
Emmanuel Krivine, direction
Augustin Dumay, violon
Programme
:
Ravel : Alborada del gracioso, Tzigane, Rhapsodie espagnole,
Boléro.
Chausson : Poème pour violon
Pour
une des dernières soirées de la saison musicale, l'Orchestre
National de Lyon nous a présenté un "best of" de la musique
orchestrale de Ravel.
Ravel - que le public lyonnais a pu écouter dans son pluralisme
durant l'année - a participé au cours de son oeuvre à un renouveau
sonore, diversifiant, entre autres, les timbres et les instruments
de l'orchestre traditionnel. Ainsi, dans Alborada del gracioso
("Aubade du Bouffon") l'orchestre sous la direction d'Emmanuel
Krivine fait ressortir tout l'humour de la partition et les
percussions s'en donnent à coeur joie.
Plongeant
ensuite le public dans un tout autre état d'esprit, Augustin
Dumay interprète le Poème pour violon et orchestre Op.25
de Chausson. Ce compositeur français est un peu tombé dans l'oubli
(et ceci est dommage, notamment pour sa musique de chambre)
mais ce Poème reste relativement joué. Basé sur la structure
cyclique inventée par César Franck, il met en valeur la virtuosité
du soliste et entre parfaitement en phase avec la finesse d'Augustin
Dumay. L'orchestre fait ressortir le lyrisme de l'oeuvre et
l'on pense à cette phrase de Chausson : "Je veux par-dessus
tout rester absolument musical".
Retour à Ravel avec Tzigane, son introduction lente présentant
les différents thèmes, ses portamenti et acciacatures effectuées
magistralement par les cordes de l'ONL. En deuxième partie,
E. Krivine dirige la Rhapsodie Espagnole. Première grande
œuvre orchestrale de Ravel en quatre mouvements, elle laisse
transparaître une Espagne irréelle. L'orchestre, très rigoureux,
joue le mystérieux thème en ostinato du Prélude à la nuit, nous
entraîne ensuite dans une Malaguena pleine de lascivité et enfin
dans une Féria exaltante. Mais un cycle Ravel n'est pas un cycle
Ravel sans le Boléro. Initialement, cette pièce n'avait
rien pour plaire. Oeuvre expérimentale basée sur la répétition
et la monotonie du thème, elle devient fascinante par l'entrée
d'instruments nouveaux, participant au crescendo continuel.
L'ONL
interprète donc en final une des oeuvres les plus populaires
de la musique classique. Il le fait avec une bonne humeur contagieuse,
et le public sort en chantonnant de cette soirée qui sent déjà
l'été.
Barbara
Marmonier

ravel,
extraits musicaux :
http://www.france.diplomatie.fr/culture/france/musique/composit/ravel.html
biographie
http://mac-texier.ircam.fr/compositeurs/textes/c00000077/
http://perso.wanadoo.fr/musiqueweb/ravel.htm
Sur
les traces de Debussy et Ravel
http://www.europmag.com/IdF/Impre.htm
Auditorium
de Lyon
89 rue de Bonnel 69003 Lyon
04 78 95 95 82