Tom Cox et le jour de l’invasion
de Franck Krebs

Seuil, 2006
à partir de 10 ans

 

 

Paris brûle, Babylone le sauvera-t-elle ?

Sixième volume de la série, ce livre nous présente l’attaque décisive des forces du mal contre le monde, notamment à travers le sort de Paris (belle chute de tour Eiffel). Pour éviter un désastre total et irréversible, Tom Cox, son amie Pat et l’aiglon Tooloo partent vers le “sixième monde ” et explorent ainsi l’univers de la Babylone ancienne. C’est là que Tom descend aux enfers, lutte contre son double (victorieusement), et reçoit un “objet magique” dont on devine qu’il sera déterminant pour la suite de ses aventures.

On retrouve donc le principe de cette série : grâce à un ado-sorcier, le lecteur non seulement vit ses aventures dans son monde, contemporain et semblable au nôtre, mais voyage vers des civilisations anciennes et lointaines. Exotisme, aventures, suspens, le cocktail fonctionne.
Ce n’est pas un chef-d’œuvre par le style : la voix de Tom, narrateur de ses aventures est assez artificielle. Ce n’est pas non plus très original : le thème de la descente aux enfers a déjà été traité par Ph. Pullman avec un tout autre brio (mais ce n’est pas mal traité ici aussi, c’est même assez proche de ce qu’en fait La Croisée des mondes). On trouve le trio parfait : garçon, fille + animal (voir encore La Croisée des mondes et bien d’autres).

Mais c’est efficace et l’auteur reprend un assemblage qui a fait ses preuves en lui donnant une certaine épaisseur et sans tomber dans les stéréotypes : le personnage féminin est plus qu’un faire-valoir ; le héros est souvent fort peu héroïque et parfois en panne de pouvoirs. L’animal est traité de façon assez traditionnelle : râleur, exigeant, très enfantin somme toute, il joue le rôle de dérivatif comique et d’auxiliaire (voir le rôle de Milou dans Tintin). Il est aussi l’objet de toute l’affection du héros, le sort de cet animal important plus que celui de bien des gens. Interprétation possible : l’auteur chercherait à donner ainsi à Tom une psychologie très “ pré-ado ” ; son manque de confiance récurrent, qui rend son personnage intéressant et moins convenu que la plupart des héros de ce genre de séries, va dans ce sens. C’est sans doute cette posture “imitation d’ado”, tant par le style que par les idées et les affects qui donne à cette série ses défauts et ses qualités.

Anne-Marie Mercier-Faivre
(avril 2006)

Anne-Marie Mercier-Faivre est professeure des Universités. Elle enseigne à l'IUFM de Lyon et à l'Université Lumière-Lyon 2.