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Paris
brûle, Babylone le sauvera-t-elle ?
Sixième
volume de la série, ce livre nous présente l’attaque
décisive des forces du mal contre le monde, notamment à
travers le sort de Paris (belle chute de tour Eiffel). Pour éviter
un désastre total et irréversible, Tom Cox, son amie
Pat et l’aiglon Tooloo partent vers le “sixième
monde ” et explorent ainsi l’univers de la Babylone
ancienne. C’est là que Tom descend aux enfers, lutte
contre son double (victorieusement), et reçoit un “objet
magique” dont on devine qu’il sera déterminant
pour la suite de ses aventures.
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On
retrouve donc le principe de cette série : grâce
à un ado-sorcier, le lecteur non seulement vit ses
aventures dans son monde, contemporain et semblable au nôtre,
mais voyage vers des civilisations anciennes et lointaines.
Exotisme, aventures, suspens, le cocktail fonctionne.
Ce n’est pas un chef-d’œuvre par le style
: la voix de Tom, narrateur de ses aventures est assez artificielle.
Ce n’est pas non plus très original : le thème
de la descente aux enfers a déjà été
traité par Ph. Pullman avec un tout autre brio (mais
ce n’est pas mal traité ici aussi, c’est
même assez proche de ce qu’en fait La Croisée
des mondes). On trouve le trio parfait : garçon,
fille + animal (voir encore La Croisée des mondes
et bien d’autres). |
Mais c’est
efficace et l’auteur reprend un assemblage qui a fait ses
preuves en lui donnant une certaine épaisseur et sans tomber
dans les stéréotypes : le personnage féminin
est plus qu’un faire-valoir ; le héros est souvent
fort peu héroïque et parfois en panne de pouvoirs. L’animal
est traité de façon assez traditionnelle : râleur,
exigeant, très enfantin somme toute, il joue le rôle
de dérivatif comique et d’auxiliaire (voir le rôle
de Milou dans Tintin). Il est aussi l’objet de toute l’affection
du héros, le sort de cet animal important plus que celui
de bien des gens. Interprétation possible : l’auteur
chercherait à donner ainsi à Tom une psychologie très
“ pré-ado ” ; son manque de confiance récurrent,
qui rend son personnage intéressant et moins convenu que
la plupart des héros de ce genre de séries, va dans
ce sens. C’est sans doute cette posture “imitation d’ado”,
tant par le style que par les idées et les affects qui donne
à cette série ses défauts et ses qualités.
Anne-Marie
Mercier-Faivre
(avril 2006)
Anne-Marie
Mercier-Faivre
est
professeure des Universités. Elle enseigne à l'IUFM
de Lyon et à l'Université Lumière-Lyon 2.
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