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Adolescence
australienne
Voici en trois
tomes les petites et grandes aventures de Lockie Leonard, 12 ans
au début du premier tome, qui déménage de Perth,
la grande ville, pour Angelus, petite ville puante de la côte,
où son père policier a été nommé.
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Les
deux premiers volumes couvrent deux années scolaires
où le héros vit dans une grande solitude, malgré
sa famille (deux parents, un frère et une petite sœur
en bas âge) et est soumis tout d’abord à
de nombreuses vexations.
L’amour est la septième vague
raconte la rencontre de l’amour, plutôt torride
malgré l’âge des protagonistes, mais qui
reste relativement chaste grâce à la prudence
et aux valeurs du jeune garçon. Rien d’insistant,
tout cela n’est pas explicité lourdement mais
passe à travers ses doutes, ses interrogations, ses
peurs. L’éveil de la sexualité est montré
sans détours mais avec délicatesse et la difficulté
de Lockie à parler et à s’expliquer est
fort bien exposée tout au long des trois tomes, comme
son rapport difficile à son corps. |
Le deuxième
volume, Demain et le jour d’après,
qui le retrouve aussi seul qu’auparavant (l’épisode
amoureux s’est achevé de façon catastrophique)
lui fait découvrir les charmes et les difficultés
de l’amitié. Lui, surfeur, se lie avec un garçon
du clan ennemi, celui des rockers. Cela a le mérite de poser
la question des affinités qui transgressent les regroupements
claniques et, au passage, permet des dialogues savoureux et instructifs
pour le lecteur adulte sur les goûts musicaux des ados. Le
personnage de son ami, Egg, fils de pasteur en révolte est
très attachant.
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Le
troisième volume, autre expérience de la solitude
(Egg a déménagé), se passe pendant les
vacances scolaires, moment où la vie de la famille
bascule : la mère de Lockie sombre dans une grave dépression
et celui-ci fait l’expérience de la fragilité
des adultes et des difficultés qu’il y a à
tenir une maison face aux vagues de désordre et de
saleté qui l’envahissent quotidiennement. Son
égoïsme ado, très présent dans les
précédents volumes et montré comme une
évidence se lézarde et l’oblige à
enfin mûrir. L’expérience de la folie de
la mère et les visites à l’hôpital
offrent de beaux moments.
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Ces romans de
la vie adolescente et de ses émois sont aussi des textes
engagés. On y trouve une critique sociale acerbe contre les
possédants imbus d’eux-mêmes, une prise de position
écologique forte, un regard dur sur le monde des adultes
: les grands parents présentés dans Tu
es une légende montrent que tous ne
sont pas aimants et dévoués - contrairement à
ce qu’on voit dans la plupart des livres pour la jeunesse.
En revanche, le couple des parents est merveilleux d’humanité,
de fragilité et d’humour.
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Ce
sérieux, parfois tragique, est accompagné de
moments très drôles et de séquences plus
détendues, notamment lors des séances de surf
ou de skate auxquelles se livre Lockie. Prises de risques
vues par lui-même après coup comme exagérées
mais racontées avec une exaltation qui séduira
les lecteurs. Un bon cocktail, donc, à la saveur acide
et exotique.
Anne-Marie
Mercier-Faivre
(octobre 2007) |
Anne-Marie
Mercier-Faivre
est
professeure des Universités. Elle enseigne à l'IUFM
de Lyon et à l'Université Lumière-Lyon 2.

http://www.ecoledesloisirs.fr
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