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Prochaine production Groupe 4
Le Jour du Froment,
comédie d’Alexandre Astier (création)
Mise en scène de Jean-Christophe Hembert
Au Studio du Théâtre de la Croix-Rousse (Lyon), du 8 au 20 janvier
2002.
Mise
en scène
Jean-Christophe Hembert
Traduction
et adaptation
Thomas Cousseau et JC.
Hembert
Scénographie
Seymour Laval et JC. Hembert
sur une idée d'Yves Bernard
Réalisation Fanny Gamet
avec Thomas
Cousseau / Thibault Roux / Loïc Varraut / Alexandre Astier / Jean-Christophe
Hembert / Alexis Henon / Simon Bigorgne...
Timon, seigneur athénien, mène une fastueuse existence,
entouré de flatteurs qu'il croit être ses amis et qu'il
couvre de cadeaux ; jusqu'au jour où, les dettes l'assaillant,
ses courtisans se dérobent et leur ingratitude cause la ruine
de Timon. Abandonné de tous, même des sénateurs
qu'il avait aidés à remettre à flot les caisses
de l'état, sa naïveté cède la place à
une rage intense et amère, dirigée contre l'espèce
humaine tout entière. Il s'exile et trouve refuge dans une
grotte, un coin désolé où il peut laisser éclater
sa haine envers l'homme. D'un extrême à l'autre, de
la philanthropie à la misanthropie, la pièce se déroule
en deux temps bien distincts : l'on passe d'un univers où
règnent fausseté, luxure, corruption et illusion tragique
(le parallèle visuel avec la jet-set actuelle est frappant)
à un monde dépouillé mais toujours grouillant
de créatures humaines avides et déshumanisées.
Dans
la première partie, deux hommes tentent pourtant d'alerter
Timon : le philosophe Apemantus, grossier mais lucide, qui ne cesse
d'insulter cyniquement la compagnie de façon à faire
réagir Timon, et Flavius, l'intendant de Timon, que ce dernier
ne cesse de patiemment repousser, refusant de croire que l'argent
pourrait venir à manquer. Il n'écoute pas davantage
leurs sages conseils alors qu'il se retrouve dans sa grotte, sa
bouche crachant injures et imprécations, prières maudites
et malédictions.
En
réalité, comme le pense Thomas Cousseau,
" Il y a, chez lui [Timon], tellement d'ambiguïté,
de perversité dans son rapport aux autres et finalement si
peu de désintéressement dans cette générosité
dont il fait preuve et avec laquelle il entretient un rapport quasi-suicidaire".
Un constat implacable qui fait du pseudo-héros de cette pièce
un homme dont on pourrait dire qu'il mérite son destin et
sa folie. Sa fonction n'est donc pas aussi simple que d'aider le
spectateur à discerner le bien du mal, la bonté de
l'égoïsme ; et l'on se dit que lui aussi, comme tout
protagoniste tragique, a fauté, a commis le fameux péché
d'orgueil, en pensant qu'il
pouvait toujours donner sans jamais recevoir, que l'amitié
ne pouvait se vivre que dans un sens, et que le monde devait être
à son image...
La mise en spectacle du Groupe 4 met en valeur
tous ces aspects de la pièce et tente de faire perdre tout
repère au spectateur, en particulier dans la première
partie, par un mélange des genres et des styles (particulièrement
visible dans les costumes, qui semblent appartenir à la fois
au théâtre de Courteline et aux films mafieux), comme
pour mieux nous éveiller à une autre réalité
dans la deuxième partie et nous faire définitivement
quitter le monde de Timon. En dépit de quelques lenteurs
dans le jeu de certains comédiens, on ne peut qu'admirer
la distribution hétéroclite, composée d'acteurs
professionnels, d'élèves et de purs débutants,
la vigueur qui émane des déplacements, des réparties
et du jeu subtil et émouvant de Thomas Cousseau ;
autant d'éléments qui font de cette adaptation un
grand moment de théâtre.
Timon
d'Athènes, bien qu'appartenant au cycle des grandes
tragédies shakespeariennes, a été peu jouée,
attirant rarement les foules : cette pièce déroute
par ses aspects formels et ses visées philosophiques austères
et complexes, par une action qui se résume à des échanges
verbaux et des soliloques (une tragédie sans meurtres sanglants
ni lamentations féminines...). Néanmoins, la mise
en scène de Jean-Christophe
Hembert saura sans nul doute réconcilier le public
avec une pièce méconnue : un spectacle à l'image
du texte, rigoureux, sobre et poétiquement complexe, mais
qui ne manque pourtant pas d'inventivité fantaisiste bien
dosée.
B.
Longre
(septembre 2001)
Salle Paul
Grémeret
Les subsistances
Quai Saint-Vincent, Lyon
04 78 39 10 02

Shakespeare
sur Sit'art mag :
Richard
III
Cymbeline
La Tempête
Jules César
Les
subsistances
http://www.les-subsistances.com/
Groupe
4
http://www.groupe4.org/
Shakespeare
en ligne
http://shakespeare.palomar.edu/works.htm
Timon
d'Athènes
http://www.bardweb.net/plays/21.html
le texte en ligne
http://www.cs.usyd.edu.au/~matty/Shakespeare/texts/tragedies
/timonofathens_0.html
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