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Le
tigre mange le renard qui mange la cigogne…
« Les
enfants naissent chercheurs et nous le font entendre à l'âge
des "pourquoi ?" » Ainsi se présente
Ohé la science, toute nouvelle collection
documentaire des éditions du Ricochet, qui propose déjà
deux titres, l’un dans le domaine du végétal
(L’aventure du pollen, la propagation des plantes),
l’autre dans le monde animal, Le tigre mange-t-il
de l’herbe ?, lequel entend initier les plus
jeunes à la notion de chaîne alimentaire. Marguerite
Tiberti, éditrice mais aussi journaliste scientifique, titulaire
d'un doctorat en biologie ainsi que d'une thèse en océanographie,
signe l’adaptation française de cet ouvrage d’abord
publié en Corée, dont on appréciera les illustrations,
entre pastel et collage, qui frappent d'emblée le lecteur
: de belles couleurs, chaudes et vives, un trait légèrement
déconstruit et géométrique (même si les
animaux dépeints restent parfaitement reconnaissables) et
un travail intéressant sur la matière (papiers superposés
aux dessins), qui permet de varier les décors et de donner
du mouvement à l'ensemble.
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Vient
ensuite le récit sur lequel s’appuie la démonstration,
qui reprend systématiquement la question contenue
dans le titre de l’ouvrage – la réponse
est invariablement « non » (le tigre
ne mange ni l’herbe, ni les sauterelles qui mangent
l’herbe, ni les grenouilles qui mangent les sauterelles,
etc.), jusqu’au renard, dont le fauve, en revanche,
« raffole ». Le tigre est repu, mais
le récit ne s’arrête pas là :
car... qui mange le tigre ? Intervient alors un processus
complémentaire : « Quand il meurt, de petits
insectes se nourrissent du tigre. (…) La chair du
tigre se décompose et se mélange à
la terre… », puis « l’herbe
germe et pousse au soleil avec vigueur ». La
chaîne peut recommencer…
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Les explications
qui suivent, toujours agrémentées de dessins, sont
tout aussi limpides que les précédentes, même
lorsque le propos se complexifie (avec des termes tels que «
pyramide alimentaire », « consommateurs », etc.)
et que l’ouvrage aborde la question du déséquilibre
environnemental que la disparition d’un des maillons de la
chaîne pourrait entraîner.
L’ensemble
fait assurément appel à l’intelligence et à
la curiosité du jeune lecteur, stimulées de bout en
bout ; on notera l’absence de mièvrerie – il
n’est nulle part question de « cruauté »,
ou d’affect (qui seraient en contradiction avec la démarche
adoptée) : il s’agit bien là d’un «phénomène
naturel », présenté comme tel, lié aux
notions de coexistence et d’interdépendance qui s'assimileront
sans mal une fois l’ouvrage achevé. Les plus jeunes
ne manqueront pas de revenir souvent aux illustrations et au récit
de la première partie, tandis que les enfants plus grands
(dès 7 ans), pourront goûter aux aspects plus détaillés
de l’ouvrage. Un beau travail collectif de vulgarisation,
qui mérite d’être salué.
B.
Longre
(mai 2008)
Blandine
Longre, agrégée d’anglais, est
l’une des fondatrices de Sitartmag ; traductrice et critique
littéraire, elle s’intéresse tout particulièrement
aux écritures contemporaines (francophone, anglophone, asiatique,
orientale etc.), à la littérature pour la jeunesse,
au théâtre (texte et représentation) et aux
relations qu’entretiennent fiction et réel.
http://blongre.hautetfort.com

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Titres
à venir
Qu’est-ce qui m’attire ? (La gravitation, septembre
2008)
Qui ressemble à qui ? (L’adaptation, novembre
2008)
Je ne suis pas une sotte (2009)
Ma mère est astronaute (2009)
Le voyage des tortues (écosystème marin)
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