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Histoire
de famille,
ou quand la nostalgie se vit comme un bonheur.
C'est avec des
mots volontairement simples et limpides qu'un père s'adresse
à son enfant, une petite fille qui dort près de lui
; c'est ce moment que le père a choisi pour se souvenir et
revenir sur son histoire d'amour, la sienne mais aussi celle de
la mère de la petite, se la racontant à lui-même
autant qu'il parle à sa fille...
En apparence, c'est la banale histoire d'un couple, d'un amour naissant,
florissant puis mourant, un récit comme il en existe par
centaines, riche à la fois en bonheurs et en souffrances,
une histoire hybride et plurielle, "qui me tient chaud,
quand moi aussi je pleure..." dit le narrateur, sans nécessairement
se contredire ; ce qui suit est ainsi imprégné d’une
nostalgie et d’un vague à l’âme que compensent
les belles illustrations vives et colorées d’Irène
Schoch accompagnant le texte ; des peintures qui ressemblent à
des collages naïfs et qui évoquent aussi les toiles
exotiques d'un Gauguin ou d'un Douanier Rousseau : des peintures
qui parlent presque d'elles-mêmes, et à partir desquelles
les plus jeunes lecteurs peuvent sans difficulté construire
leur propre trame narrative.
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Dans
le même temps, les mots demeurent essentiels et constituent
une véritable déclaration, celle que l'on enverrait
à un amour perdu ; reste un souvenir, un bonheur passé
toujours vivant, incarnée par la fillette endormie
: "même si aujourd'hui celle qui sera toujours
ta maman n'est plus ma femme. Même si aujourd'hui, moi
qui serai toujours ton papa, je ne suis plus son mari. Elle
et moi t’aimons ensemble, chacun de notre côté."
Un texte sobre et émouvant, qui en dit long sur la
manière de réconcilier l’irréconciliable
et de déjouer les paradoxes de l'existence, qui s'adresse
aux enfants autant qu'aux adultes, donnant quelques clés
sur la façon dont on peut s'adresser aux enfants quand
la vie semble trop compliquée. |
La vérité
n'est pas forcément confortable, ni à dire ni à
accepter, mais les enfants en ont un besoin vital : ce n'est pas
sur le mensonge que peuvent se fonder des relations de confiance
entre les générations ; ce n'est pas non plus sur
le non-dit que l'on aide les enfants à se construire une
identité. A travers cet album (la "reprise", en
quelque sorte, d'un texte publié en 1993 par les éditions
La joie de lire et qui s’intitulait Une île,
mon ange, illustré à l'époque
par Mireille Vautier), Thierry Lenain déploie une nouvelle
fois son talent de conteur et de fin psychologue, affirmant en filigrane
que toute vérité est bonne à dire, même
aux plus jeunes ; ce qui compte, et ce qui intéresse le prolifique
auteur, c'est le "comment" : la manière d'amener
et de formuler les choses, une préoccupation essentielle
que l'on retrouve au fil de ses divers ouvrages, comme dans H.B.
(paru l'an passé aux éditions Sarbacane) ou dans la
série des Zazie.
Blandine
Longre
(octobre 2004)
Blandine
Longre, agrégée d’anglais, est
l’une des fondatrices de Sitartmag ; rédactrice en
chef depuis mai 1999, elle s’intéresse tout particulièrement
aux écritures contemporaines (francophone, anglophone, asiatique,
orientale etc.), à la littérature pour la jeunesse,
au théâtre (texte et représentation) et aux
relations qu’entretiennent fiction et réel.

du
même auteur :
Bouboule rêve (Nathan,
2003)
H.B. (Sarbacane, 2003)
Je me marierai avec Anna (Nathan,
2004)
http://ireneschoch.com/
http://www.albin-michel.fr/
http://thierrylenain.free.fr/
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