Enregistrement
au studio G de Tokyo Broadcasting System, le 23 mai 1963
Thelonious
Monk (piano), Charlie Rouse (saxophone ténor), Butch
Warren (contrebasse), Frankie Dunlop (batterie).
1/
Epistrophy. 2/ Ba-lue Bolivar Ba-lues-are. 3/ Evidence. 4/ Just
a gigolo.
5/ Blue Monk.
1963: Monk chez les nippons
Thelonious
Monk est alors en pleine gloire (1957 – 1967). Depuis
un an, il a signé chez le prestigieux label Columbia.
Ainsi que l’écrit le pianiste Laurent de Wilde
dans son livre Monk (L’arpenteur,
1996) : " les grands moyens ; cela se voit tout de
suite, rien qu’au temps qu’il passe en studio pour
faire des disques chez eux (…) plus pondéré
maintenant, il paraît préoccupé par une
chose essentielle : swinguer, dur et longtemps ; fini les cabrioles,
entrechats et autres légèretés."
En février, après avoir joué au Birdland
et enregistré Criss Cross, le quartette part
pour une tournée mondiale au cours de laquelle il se
produira notamment à Paris, à Montreux et au Japon.
Tout au
long de la même année, ses anciens partenaires,
John Coltrane enregistre en mars avec le chanteur John Hartman,
puis part lui aussi en tournée européenne et Miles
Davis, lui, se produit notamment au festival d’Antibes-Juan-les-Pins
avec Wayne Shorter, Herbie Hancock, Ron Carter et le tout jeune
Tony Williams (17 ans).
Le quartet
est bien constitué et bien rôdé. Mais, comme
l’écrit Yves Buin dans son remarquable Thelonious
Monk (nouvelle édition au Castor Astral
en 2002) : " Comme tous les musiciens, Monk et ceux
de son quartette ont dû supporter la contrainte de tournées
dont les conditions n’ont pas toujours été
satisfaisantes et ajouter aux kilomètres de distances,
des kilomètres de musique." A l’occasion
de cette tournée, le quartette se retrouve en studio
pour l’enregistrement de ces cinq titres, d’où
plus de concentration qu’en public ; certes, on ne peut
pas s’attendre à beaucoup de renouvellement dans
les solos, à part Charlie Rouse qui s’emballe par
instants, mais c’est toujours un plaisir d’écouter
ce combo légendaire ainsi que ces thèmes qui sont
dans toutes les mémoires d’amateur. On pourra jouer
au jeu (toujours révélateur) des comparaisons
avec les toutes premières interprétations : Epistrophy
et Evidence, juillet 1948 ; Ba-lue Bolivar ba-lues-are,
octobre 1956 ; Blue Monk, septembre 1954.
Citons une nouvelle fois Yves Buin en 2002 : "près
de vingt ans après sa mort, Monk peut constater qu’il
a échappé au purgatoire et à l’oubli.
« L’Ermite » continue de hanter l’âme
du Jazz."
Monk lives, bien sûr.
Jacques
Chesnel
(octobre 2006)
Jacques
Chesnel, membre démissionnaire de l'Académie
du Jazz, est l'auteur de plusieurs ouvrages sur le jazz dont
Le Jazz en quarantaine, 1940-1946 (Isoète) et
Les Grands Créateurs de Jazz avec G.Arnaud (Bordas)
; il a été consultant et auteur pour l'Encyclopédie
Encarta sur CD-Rom.
Peintre, il prépare une rétrospective de 50 années
de peintures inspirées par le Jazz.
www.jazz-chesnel.com

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