Théâtre pour la jeunesse n°6
L'école des chats, Voyageurs, Hippolyte en Egypte
de Margarete Jennes
Lansman, 2006

Théâtre pour la jeunesse n°7
Lansman, 2006

Margarete Jennes

 

Collection Théâtre pour la Jeunesse
Cette collection résulte du souhait commun de la Chambre des Théâtres pour l'Enfance et la Jeunesse, du service de la Promotion des Lettres de la Communauté française de Belgique et des Editions Lansman de rendre compte de la richesse, en Wallonie et à Bruxelles, de l'écriture dramatique en direction des jeunes publics. Elle regroupe des textes de spectacles, divers par leurs formes et leurs contenus, mais riches de l'expérience acquise par les compagnies belges depuis près de trente ans. Avec un souhait : proposer des œuvres d'auteurs contemporains qui peuvent intéresser les instituteurs, les professeurs, les élèves, les étudiants, les professionnels, les particuliers ou les passionnés de littérature.

 

Théâtre pour la jeunesse n°6
L' école des chats, Voyageurs, Hippolyte en Egypte - Margarete Jennes

Le sixième numéro du Théâtre pour le Jeunesse des éditions Lansman est intégralement consacré à Margarete Jennes, auteur mais aussi comédienne et metteur en scène. Trois pièces pour les grands enfants ou les adolescents, trois textes qui décrivent des univers différents : un château magique d’aujourd’hui, un opéra sur un hippopotame à la recherche de sa mère, un voyage en Laponie rêvé par un groupe d’enfants. Ces trois pièces ont néanmoins des points communs : elles plantent à chaque fois une situation relativement réaliste avant que surgisse un autre monde, imaginaire et décalé. La logique de la fable éclate et les pièces reposent alors sur des jeux linguistiques ou poétiques, privilégiant l’irruption de la fantaisie. Beaucoup d'ingéniosité, d’allusions culturelles, de prouesses linguistiques... peut-être un peu trop. Le lecteur perd parfois le fil de ce qui lui est raconté ou ne parvient plus à s'y intéresser. Les structures souvent lâches rendent les fins aléatoires ou déceptives. L'attention extrême accordée à la langue ne permet pas que les personnages soient autre chose que des figures parlantes. On reste donc un peu sur sa faim même s'il est intéressant d’être plongé, grâce à ce numéro, dans l’univers très polymorphe de ce dramaturge.

 

Théâtre pour la jeunesse n°7
Les pieds sur terre d' Ariane Buhbinder
Petitou de Moreau / Buhbinder
La belle Soror de Berchmans/De Neck/de Neck/Hansé

Ce volume de la collection Théâtre pour la jeunesse regroupe des pièces apparemment hétérogènes tant du point de vue de leur esthétique que du public auquel elles s’adressent. Si Petitou est destinée aux plus petits, Les Pieds sur terre et La Belle Soror sont plutôt faites pour toucher des enfants plus âgés ou des lecteurs plus avertis. Cependant, cette diversité apparente masque quelques points communs qui justifient peut-être la constitution du volume : les deux premières pièces s’ouvrent sur une scène qui montre la naissance du personnage principal, les trois textes proposent des insertions musicales.
Petitou est l’histoire d’un petit bonhomme en pâte qui échappe à l’attention de ses parents pour courir le vaste monde et qui risque plusieurs fois d’être mangé avant, finalement, de retourner chez lui. Les amateurs de conte de fées ne seront pas surpris, d’autant plus que de nombreuses allusions à des contes connus émaillent le texte.
Les Pieds sur terre place, de façon plus originale, l’histoire d’une petite fille, Léa, dans un contexte historique inquiétant mais un peu vague, signifié néanmoins par des bruits de bottes effrayants et par une réflexion générale sur la conformité et la différence. L’idée est belle mais le traitement de ces thématiques par l’allusion ou la métaphore rend la pièce un peu abstraite.
Après ces deux textes à la facture relativement classique, en tout cas dans le panorama théâtral d’aujourd’hui, se trouve une curieuse pièce, La Belle Soror, fruit d’une écriture collective, qui, à force de présenter des personnages-images (un lampadaire, un hélicoptère pulvérisateur), des situations confuses et un dialogue elliptique, peine à sortir de l’obscurité.
On peut donc considérer qu’il s’agit là d’un numéro de Théâtre pour la jeunesse audacieux du fait de son hétérogénéité mais que c’est sans doute cette audace qui constitue son point faible.

Catherine Ailloud-Nicolas
(mai 2007)

http://www.lansman.org

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