| Margarete
Jennes
Collection
Théâtre pour la Jeunesse
Cette collection résulte du souhait commun de la Chambre
des Théâtres pour l'Enfance et la Jeunesse, du
service de la Promotion des Lettres de la Communauté française
de Belgique et des Editions Lansman de rendre compte de la richesse,
en Wallonie et à Bruxelles, de l'écriture dramatique
en direction des jeunes publics. Elle regroupe des textes de spectacles,
divers par leurs formes et leurs contenus, mais riches de l'expérience
acquise par les compagnies belges depuis près de trente ans.
Avec un souhait : proposer des œuvres d'auteurs contemporains
qui peuvent intéresser les instituteurs, les professeurs,
les élèves, les étudiants, les professionnels,
les particuliers ou les passionnés de littérature.
Théâtre
pour la jeunesse n°6
L' école des chats, Voyageurs, Hippolyte en Egypte - Margarete
Jennes
Le sixième
numéro du Théâtre pour le Jeunesse des éditions
Lansman est intégralement consacré à Margarete
Jennes, auteur mais aussi comédienne et metteur en scène.
Trois pièces pour les grands enfants ou les adolescents,
trois textes qui décrivent des univers différents
: un château magique d’aujourd’hui, un opéra
sur un hippopotame à la recherche de sa mère, un voyage
en Laponie rêvé par un groupe d’enfants. Ces
trois pièces ont néanmoins des points communs : elles
plantent à chaque fois une situation relativement réaliste
avant que surgisse un autre monde, imaginaire et décalé.
La logique de la fable éclate et les pièces reposent
alors sur des jeux linguistiques ou poétiques, privilégiant
l’irruption de la fantaisie. Beaucoup d'ingéniosité,
d’allusions culturelles, de prouesses linguistiques... peut-être
un peu trop. Le lecteur perd parfois le fil de ce qui lui est raconté
ou ne parvient plus à s'y intéresser. Les structures
souvent lâches rendent les fins aléatoires ou déceptives.
L'attention extrême accordée à la langue ne
permet pas que les personnages soient autre chose que des figures
parlantes. On reste donc un peu sur sa faim même s'il est
intéressant d’être plongé, grâce
à ce numéro, dans l’univers très polymorphe
de ce dramaturge.
Théâtre
pour la jeunesse n°7
Les pieds sur terre d' Ariane Buhbinder
Petitou de Moreau / Buhbinder
La belle Soror de Berchmans/De Neck/de Neck/Hansé
Ce volume de
la collection Théâtre pour la jeunesse regroupe des
pièces apparemment hétérogènes tant
du point de vue de leur esthétique que du public auquel elles
s’adressent. Si Petitou est destinée
aux plus petits, Les Pieds sur terre et
La Belle Soror sont plutôt faites pour toucher
des enfants plus âgés ou des lecteurs plus avertis.
Cependant, cette diversité apparente masque quelques points
communs qui justifient peut-être la constitution du volume
: les deux premières pièces s’ouvrent sur une
scène qui montre la naissance du personnage principal, les
trois textes proposent des insertions musicales.
Petitou est l’histoire d’un
petit bonhomme en pâte qui échappe à l’attention
de ses parents pour courir le vaste monde et qui risque plusieurs
fois d’être mangé avant, finalement, de retourner
chez lui. Les amateurs de conte de fées ne seront pas surpris,
d’autant plus que de nombreuses allusions à des contes
connus émaillent le texte.
Les Pieds sur terre place, de façon
plus originale, l’histoire d’une petite fille, Léa,
dans un contexte historique inquiétant mais un peu vague,
signifié néanmoins par des bruits de bottes effrayants
et par une réflexion générale sur la conformité
et la différence. L’idée est belle mais le traitement
de ces thématiques par l’allusion ou la métaphore
rend la pièce un peu abstraite.
Après ces deux textes à la facture relativement classique,
en tout cas dans le panorama théâtral d’aujourd’hui,
se trouve une curieuse pièce, La Belle Soror,
fruit d’une écriture collective, qui, à force
de présenter des personnages-images (un lampadaire, un hélicoptère
pulvérisateur), des situations confuses et un dialogue elliptique,
peine à sortir de l’obscurité.
On peut donc considérer qu’il s’agit là
d’un numéro de Théâtre pour la jeunesse
audacieux du fait de son hétérogénéité
mais que c’est sans doute cette audace qui constitue son point
faible.
Catherine
Ailloud-Nicolas
(mai 2007)

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