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Une terrifiante
érudition
Kyra Berg, jeune
journaliste au Berliner Morgen, a récemment quitté
la rubrique culturelle du journal pour se vouer toute entière
à des enquêtes criminelles, rêvant d'enfin tomber
sur "une femme vraiment extraordinaire, une femme complètement
sans scrupules, méchante, [qui] ébranlerait cette
société plus violemment que n'importe qu'elle révolution".
Son fantasme est-il en passe de devenir réalité lorsqu'est
découvert le corps décapité de son rédacteur
en chef ? La femme de ce dernier (trompée depuis des lustres)
s'accuse du meurtre, mais la tête du rédacteur demeure
introuvable et les soupçons de la police se porte plutôt
sur la fille du couple, Isabelle Konrad, une drôle de créature
aux cheveux verts. Ne cessant de se mêler des affaires des
autres (ou plutôt parce qu'elle prend très à
coeur son métier...) Kyra Berg entreprend l'investigation
à sa manière, mais sans prendre conscience du danger
qui rôde...
Sur
fond de tragédie antique, menace et oppression planent
sur ce roman noir ; des traits accentués par une narration
par à-coups qui brouille les pistes et maintient un excellent
suspense. On se méprend sur les personnages et sur leurs
divers degrés de perversité, des traits de caractère
qui s'oppose à la pureté paradoxale de l'assassin,
"la reine des cerveaux" : sorte de monstrueux mais
fascinant golem, être hybride qui sacrifie ses victimes
en récitant (dans le texte ! ) des vers de L'Illiade,
et créé de toutes pièces, semble-t-il,
par un esprit certes cultivé, mais aussi totalement mégalo.
Le paroxysme des séquences en italique porte la terreur
à son comble et la qualité crépusculaire
de l'ensemble leur doit beaucoup, tranchant singulièrement
avec les scènes plus légères, proches de
la comédie de moeurs, où l'on retrouve une Kyra
Berg mi-vamp, mi-garçon manqué, lorsqu'elle ne
souffre pas d'une inquiétante mais temporaire amnésie...
Tout est ainsi réuni pour faire passer au lecteur de
terrifiants moments, teintés d'une heureuse érudition.
B.Longre
(février
2002) |
Professeur
de philosophie à Berlin, Thea Dorn a reçu pour
ce livre le Deutscher Krimipreis 2000.
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Le
Serpent à Plumes
http://www.serpentaplumes.com
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