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scénographie
Dominique Pitoiset - costumes et poupées
Kattrin Michel - lumières Christophe
Pitoiset - musique Antonio Vivaldi enregistrée
par Europa Galante, sous la direction de Fabio Biondi
avec
Roger Jendly, Luca Fagioli, Mireille Mossé, Laure Josnin,
Francesco Migliaccio, Beppe Lo Parco
TNP,
Villeurbanne
04 78 03 30 00
Coproduction
Actes Premiers, Maison
de la Culture de Loire-Atlantique à Nantes, Les Gémeaux-Scène
nationale de Sceaux.
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L'île
est un monde intermédiaire. Sous forme de désirs,
de rêves ou de promesses, l'âge d'or et l'utopie
y sont présents.
L'île révèle et dénonce les aspirations
de chacun. Et personne n'échappe à ses tentations.
L'île est un lieu de vérité. Toute ambition
illicite y est punie.
L'île est un labyrinthe dans lequel les voyageurs, déroutés
et séparés, errent et subissent les épreuves
que leur inflige Prospéro.
L'île est un songe, l'île est une fable, l'île
est une revanche, l'île e est un théâtre.
L'île est un livre dont Prospéro est l'auteur,
maître du discours et du sens.Shakespeare écrivit
cette comédie ironique du fait humain, cette fable
sur le pouvoir et l'illusion, en 1612.
Dominique Pitoiset
chronique
à venir
Voir
aussi l'article portant sur la mise
en scène de Charlie Brozzoni
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De l’île
où se situe la dernière pièce écrite
par Shakespeare, le spectateur ne verra qu’un décor
fait de sable blanc, de caisses posées ici et là,
de maigres étagères portant des livres. C’est
l’univers d’exil de Prospero. Cela fait des années
que Prospero est dépossédé de son duché
de Milan, trahi par son frère Antonio avec la complicité
du roi de Naples.
Prospero a peu à peu reconstitué un monde fait de
rêves, de magie et d’utopie, entouré de sa fille
Miranda qu’il éduque dans les livres et qui ne connaît
rien de la vie ni des hommes. Il a aussi un souffre-douleur, Caliban,
autochtone difforme qu’il a rendu esclave et Ariel, sorte
d'elfe, esprit de l’air interprété par Mireille
Mossé, pétillante comédienne lilliputienne.
Cette vie de chimère, Prospero va se donner les moyens de
la bouleverser grâce à ses dons magiques acquis pendant
ses années d’étude et d’exil : le navire
qui croise au large avec à bord le roi de Naples et sa cour,
ne résiste pas à la tempête déclenchée
par Prospero et fait naufrage. Débarque alors le roi et ses
courtisans et leur cortège d’exubérance et de
grotesque propres à éblouir Miranda.
A la violence des êtres se mêle celle de l’orage.
Prospero fait alors de ses naufragés des marionnettes qu’il
punit de leur corruption, de leurs ambitions malveillantes, de leurs
faiblesses humaines : « mes ennemis sont tous captifs,
désormais dans mon pouvoir et je les abandonne à leurs
délits ». Mais il agit avec une touche d’humanité
plus que par esprit de vengeance et finit par libérer ses
ennemis. « Libère-les, elfe des collines »
commande-t-il à Ariel avant de lui rendre à lui aussi
sa liberté. Dès lors, Prospero perd sa magie lorsqu’il
enfouit son livre dans les eaux et retourne au monde.
La mise en scène courageuse et inventive de Dominique Pitoiset
se plaît à peindre l’univers de rêves et
de réalité, d’humour et de magie de Shakespeare.
Ses naufragés, devenus les marionnettes de Prospero, sont
de réelles poupées de chiffons actionnées par
des acteurs qui disent leurs textes en allemand ( ils viennent de
Berlin). D’autres, tels Caliban, parlent italien. La traduction
du texte défile sous les yeux du spectateur (ce qui gêne
peut-être les spectateurs en les privant d’une partie
du jeu scénique). La musique de Vivaldi soutient l’ensemble
de cet univers de rêve et de magie shakespeariens.
Christine
Ferré
(avril 2003)

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