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Opéra
en trois actes, 2002.
Livret de Tan Dun et Xu Ying
La cérémonie du thé comme allégorie
universelle de l’art difficile d’être
au monde et de notre capacité à nous abandonner
malgré tout à l’harmonie éphémère
des choses. Le moine Seikyo célèbre la cérémonie
du thé : sa tasse est vide, son thé imaginaire,
il savoure le néant. Dix ans plus tôt, en Chine,
l’empereur de la dynastie Tang (IXe siècle)
accepte l’alliance de sa fille, la princesse Lan,
avec Seikyo, le prince japonais qui sait si bien chanter
l’art du thé. Dans l’accomplissement
de leur amour, ils vont à la recherche du Livre du
thé où ils trouveront la sagesse ancestrale.
Mais le frère de Lan, jalousement opposé à
cette union, provoque Seikyo en duel. Lan s’interpose
et meurt.Voyageur entre deux mondes comme Seikyo, Tan Dun
jette des ponts entre les cultures – occidentales
et extrême-orientales – et pose la question
: doit-on préserver les anciennes sagesses ?
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Direction
musicale Tan Dun
Mise
en espace Stanilas Nordey
Costumes
Raoul Fernandez
Eclairages
Stéphanie Daniel
avec
Haijing Fu, Xiuying Li, Warren Mok, Jaojiang Tian, Guang
Yang
Ensemble
vocal du Chœur de l'Opéra national de Lyon
Opéra
national de Lyon
place de la comédie
69001 Lyon
location 04 72 00 45 45
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Saveur
et recueillement
TEA, c’est
la cérémonie du thé, et le mélange des
éléments, eau, pierre, feu, vent, dans le voyage initiatique
qu’a accompli le prince Seikyo. Aujourd’hui moine, il
savoure une tasse de thé vide… Il raconte qu’il
fut autrefois amoureux de la princesse chinoise Lan. Bien qu’agréé
par son père, il s’est trouvé en rivalité
avec le frère de la princesse. Il accomplit un long chemin
avec sa bien-aimée, pour retrouver le Livre du thé,
à la demande de l’empereur. Cela se termine par la
mort de celle-ci, qui se jette entre les combattants. L’œuvre
se veut remplie de symboles, Seikyo symbolisant la philosophie,
la princesse l’amour, son frère la colère. La
confection du thé relève du parcours initiatique et
aussi de l’acte d’amour.
Le compositeur
Tan Dun, connu pour la musique de Tigre et
Dragon, est déjà l’auteur de plusieurs
opéras, dont TEA, créé
en 2002 à Tokyo. A une partition d’un certain classicisme,
qu’il dirige avec vigueur et netteté, il intègre
des percussions plus orientales tels que gongs et carillons, ainsi
que l’eau, le papier , les pierres, la céramique. Les
pots de céramique, dont on joue comme d’un xylophone,
apportent un son original, prenant. Les chœurs participent
à l’instrumental en frappant des cailloux les uns contre
les autres. Trois percussionnistes sont placées sur scène,
finement éclairées, jouant des mains ou des baguettes
avec ces éléments, en une belle réussite sonore
et visuelle.
L’opéra est superbement servi par les voix, notamment
Xiuling Yi (la princesse Lan) aux accents pucciniens
dans de remarquables aigus. On peut regretter la gestuelle dépassée
de certains chanteurs, quoique des mouvements caricaturaux s’accordent
parfois bien avec ce spectacle un peu statique, renforçant
son aspect hiératique. La mise en scène est fort belle
visuellement, les chanteurs évoluent sur un losange en plan
incliné, vêtus de costumes rappelant la tradition chinoise,
dans un brillant ensemble de couleurs. Eclairages et jeux d’ombre
se combinent habilement pour créer une atmosphère
de recueillement et de drame.
C’est donc là un spectacle réussi, qui ne sera
donné que trois fois, ce qui laisse peu de temps pour découvrir
un opéra actuel.
Laurence
Tourniaire
(juin 2004)

l'Opéra
de Lyon
http://www.opera-lyon.org
http://www.tandun.com/
http://brahms.ircam.fr/textes/c00000689/
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