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Entre
histoire et fiction
1908.Héritier du célèbre millionnaire Cyrus
McCormick (archétype du self-made man à l'américaine,
inventeur de la faucheuse) Stanley McCormick souffre de schizophrénie
avancée et d'obsession sexuelle. Un diagnostic qui pousse
Hamilton, son psychiatre, à lui prescrire un isolement forcé,
loin du monde des affaires et surtout, loin des femmes ; plus particulièrement,
loin de sa mère (castratrice, comme de bien entendu ...),
de sa soeur Mary-Virginia (l'autre démente du clan) et de
sa femme, Katherine Dexter McCormick.
Cette dernière ne renoncera pas et sans répit, croira
la guérison possible, en dépit des calomnies des médisants.
Car Katherine Dexter n'est pas une simple bourgeoise attachée
à son mari, et c'est bien le portrait de cette femme que
l'auteur esquisse, tout au long du roman : suffragette, diplômée
en sciences (plutôt atypique pour l'époque), ses combats
furent multiples (droit à la contraception, planning familial
...). Mue par un amour improbable et l'argent aidant, elle fait
installer son mari dans une cage dorée californienne, merveilleuse
résidence, Riven Rock ; nommée ainsi pour un arbre
qui a su, par un caprice de la nature, pousser dans la fente d'un
rocher ... Symbole révélateur pour Stanley, obsédé
par le sexe de la femme, source d'adoration et de haine.
TC Boyle a su adapter un pan de l'histoire américaine plutôt
riche en bouleversements et conflits : A travers l'histoire de S.
McCormick, c'est la cause des femmes qui sert de toile de fond au
roman, entre puritanisme castrateur et féminisme combatif
: les hommes y sont décrits comme de grands enfants pour
qui l'autre moitié de l'humanité demeure incompréhensible.
C'est en particulier le cas de O'Kane, le fidèle infirmier
du millionnaire, dont les déboires avec les femmes illustrent
ce point à la perfection, et dont on suit le parcours, chaotique.
La psychanalyse est balbutiante et ses représentants (tous
des hommes ...) se succèdent à Riven Rock, scientifiques
ou grotesques charlatans, mais aucun ne semble parvenir à
soulager le "pauvre Stanley", entre états catatoniques
et accès violents. On regrettera que l'aspect purement psychiatrique
soit souvent écarté, mais la richesse des thèmes
et des sentiments compense largement ce manque. On appréciera
aussi une structure narrative plutôt retorse et ingénieuse,
qui alterne époques, points de vue et protagonistes. Un roman
fascinant, une "vraie histoire" comme savent encore en
raconter les écrivains américains...
Blandine
Longre

du même
auteur The Inner Circle (Bloomsbury, 2005)
Pages dédiées
à l'auteur
http://www.english.schule.de/boyle/boyleaut.htm
http://www.tcboyle.net
Katherine
Dexter Mc Cornick
http://www.pinn.net/~sunshine/15women.html
Site
officiel
http://www.tcboyle.com
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