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du
même auteur : L'Orme du Caucase
(Casterman, 2004)
Chacun
sa vérité
Souvenez-vous
du premier tome de Quartier Lointain (Prix
Alph’Art du meilleur scénario au festival d’Angoulême
2003) : Hiroshi, père de famille de 48 ans, revivait son
adolescence et essayait de comprendre pourquoi son père,
apparemment heureux, avait un beau jour brusquement disparu. Ce
second volume dans les mains, les questions reviennent en rafales
: Hiroshi va-t-il découvrir le secret de son père
et l’empêcher de quitter sa famille ? Pourra-t-il retourner
à l’âge adulte et rejoindre sa femme et ses filles
?
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Si
le jeune Hiroshi occupe toujours une place prépondérante
dans ce tome, un autre personnage est également omniprésent
: son père, Yoshio, qui est appelé à disparaître
dans quelques mois. Hiroshi essaye de recueillir le plus d’informations
possibles sur lui, comme la façon dont se sont nouées
ses relations avec sa mère alors que Yoshio lui ramenait
les cendres de son mari mort à la guerre. Hiroshi se
décide même à prendre son père en
filature alors que celui-ci va visiter des clients dans la ville
voisine, il pense alors lui découvrir une maîtresse,
mais Yoshio se rend simplement au chevet d’une amie d’enfance,
très gravement malade et qui vit dans l’isolement.
Le jour de la disparition du père arrive, Hiroshi n’a
plus d’autre recours que de l’attendre à
la gare, dernier endroit où Yoshio a été
vu 34 ans plus tôt. Le jeune home tente de le retenir
; Yoshio lui donne alors « sa vérité »
et lui explique qu’il n’a pas vraiment choisi l’existence
heureuse mais pourtant insatisfaisante qui est la sienne. Cette
confrontation va amener Hiroshi à réfléchir
sur sa propre vie d’adulte. |
Malgré
une vive envie de connaître la suite des aventures d’Hiroshi,
c’est avec une certaine appréhension que l’on
ouvre ce deuxième tome de Quartier Lointain,
peut-être par peur d’être déçu par
une fin bâclée ou trop classique ? Rassurons-nous,
Jirô Taniguchi a su éviter tous les écueils
avec élégance. Si le précédent volume
traitait surtout du bonheur de pouvoir revivre sa propre adolescence
avec une maturité d’adulte – ce qui est toujours
le cas ici avec l’ébauche des amours d’Hiroshi
avec la délicieuse Tomoko – le tome 2 décrit
davantage les tourments de la vie des adultes et la difficulté
de faire certains choix au bon moment. Une fois de plus, on ne peut
qu’être admiratif devant la finesse des dessins du maître
japonais – les visages féminins sont d’une exquise
délicatesse -. Ce manga est un véritable chef d’œuvre
!
Anne
Weber
(septembre 2003)
Quartier
Lointain - Tome 1
Prix Alph’Art
du meilleur scénario, Angoulême 2003
De retour d’une
réunion à Kyoto (qui lui a donné l’occasion
d’une soirée bien arrosée), Hiroshi, un cadre
de 48 ans, se trompe de train et se retrouve en partance pour sa
ville natale. Avant de repartir pour Tokyo, il décide d’aller
se recueillir sur la tombe de sa mère, morte il y a une vingtaine
d’années ; c’est le moment pour lui de se souvenir
de son enfance et en particulier de la disparition subite de son
père, parti un beau jour sans laisser de traces. Après
un léger assoupissement, Hiroshi se réveille plus
léger : il est redevenu un collégien de 14 ans.
D’abord persuadé d’être plongé dans
un cauchemar, Hiroshi revit donc son adolescence mais avec quelques
différences : il a gardé une maturité d’adulte
qui l’aide dans ses études et lui donne une vision
plus agréable de ces années qui lui avaient d’abord
parues ingrates tandis que sa connaissance des événements
futurs va lui permettre d’influer sur ces derniers. Il aura
désormais un seul but : comprendre pourquoi son père
est parti et faire en sorte que dans cette nouvelle vie, cela ne
se reproduise pas.
Ce premier tome
de la dernière trilogie de Jirô Taniguchi publiée
en France (à lire également Le journal
de mon père aux Editions Casterman) est un
véritable chef-d’œuvre, d’une part pour
les dessins qui sont d’une grande finesse mais aussi parce
que l’auteur sait admirablement retracer les tourments de
cet homme qui revit son passé. Les adolescents sont dépeints
de manière subtile : premières amours, rivalités
ou amitiés masculines sont des épisodes savoureux
de ce livre à suspense.
| Comment
Hiroshi est-il revenu en arrière, on ne le saura pas
ici (et sans doute jamais), simple hallucination due à
l’alcool (on apprend par sa femme et ses filles, apparaissant
parfois quand il s’endort, qu’il en a une consommation
plus que régulière) ? Sortilège pour
remonter le cours du temps ? La vie peu exaltante d’Hiroshi,
partagée entre un travail envahissant et des proches
qui semblent peu l’apprécier, imposait de toutes
façons ce moment d’introspection qui lui permettra
peut-être de surmonter les blessures du passé
pour s’épanouir dans le présent.
Reviendra-t-il avec sa femme, parviendra-t-il à découvrir
le secret de son père et à l’empêcher
de partir ? On attend la suite avec impatience !
Anne
Weber
(janvier 2003)
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Jiro
Taniguchi est
né en 1947 à Tottori. Il débute dans la BD
en 1970 avec Un été desséché.
De 1976 à 1979, il publie avec le scénariste Natsuo
Sekigawa plusieurs BD hard-boiled, dont Ville sans défense,
Le vent d'ouest est blanc et Lindo 3. Influencé
par la BD européenne - celle de Moebius, Bilal ou Crespin
- il dessine en collaboration avec un autre scénariste et
retrouve Sekigawa de 1985 à 1991 pour L'Epoque de Soseki,
en trois volumes. C'est aussi pendant cette période qu'il
attaque la BD en solitaire avec, entre autres, L'homme qui marche,
publié par Casterman en 1995, Le chien Blanco (2
volumes) et Le Journal de mon père, en trois tomes (1999-2000)

http://www.casterman.com
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