Ballet de l’Opéra National de Paris

20-21 juillet 2002 à 21h30
l'Orchestre National de Lyon
au Théâtre des Célestins
Les Etoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de ballet
Directrice de la danse : Brigitte Lefèvre
Durée du spectacle : 1h30

Les Nuits de Fourvière, Lyon

 

Voir aussi : L'Histoire du Soldat, ballet de Stravinsky

concerto pour violon 1931
Chorégraphie : George Balanchine (1972)

Le Sacre du printemps
Chorégraphie : Pina Bausch (1975)
Scénographie et costumes : Rolf Borzik

L’audace de la musique d’Igor Stravinsky aura marqué le XXe siècle. Dans ses partitions pour le ballet, le compositeur a exploré des registres différents, que les chorégraphes ont transposés au plus près : dans un langage très épuré, proche d’un graphisme en noir et blanc, Georges Balanchine se fait secrètement lyrique pour le moderne Violin Concerto, tandis que Pina Bausch répond avec la violence sauvage d’un rituel barbare aux rythmes convulsifs du Sacre du Printemps.
Troupe jeune (25 ans de moyenne d’age), vivante (154 danseurs) et pétrie de traditions (remontant au XVIIe siècle), le Ballet de l’Opéra National de Paris, a vécu les multiples influences des plus grands chorégraphes (Lifar, Balanchine, Béjart, Petit, Carolyn Carlson et tant d’autres) et a su se doter d’un répertoire très vaste alliant tradition et modernité.

 

"Extraire le corps
de sa gangue de terre
brûlée, de terre
écrite
" J. Dupin, Ou Meurtres.

Sur la scène du Théâtre Antique de Fourvière : une étendue de terre et l'obscurité. Promesses de fertilités et d'éclosions lumineuses.
Sur la terre, la tache rouge d'un drap, et sur ce drap une femme étendue avec sa robe légère couleur chair. Elle se lève, rejointe bientôt par d'autres "femmes", d'autres "divinités païennes" aussi bien. Puis ce sera au tour des "hommes" de venir pétrir de leur danse la terre du printemps naissant, faunes fougueux et vigoureux.
Il y a maintenant beaucoup de danseurs sur cette terre de désirs et de violences. Tous vibrent et s'ébranlent sur la musique primitive d'Igor Stravinski faite de heurts, de syncopes et d'énergies élémentaires. Les danseurs s'organisent en "masses" aux configurations multiples : masses compactes, cercle, demi cercle et immobilité, ou encore parfois dispersion et mouvements "browniens". Leurs gestes sont à hauteur de sacrifice et de transe.
Pina Bausch parvient aussi, avec génie, à conjuguer le pluriel et le singulier : les mouvements d'ensemble sont constitués de singularités agitées chacune d'un mouvement distinct. Un couple aussi se détache du groupe pour jouer les partitions du désir et de la mort.
Les métamorphoses de la terre et de la chair sont d'une beauté et d'une violence inouïes. La vie est faite de forces fabuleuses, capables de se multiplier mais aussi de s'annuler. La danse ici s'en fait l'exacte expression. Un chef d'œuvre magnifiquement interprété par les danseurs de l'Opéra de Paris.

Jean-Emmanuel Denave
(juillet 2002)


http://www.opera-de-paris.fr

http://www.nuits-de-fourviere.org/

Stravinsky
http://www.karadar.it/Dictionary/stravinskj.html
http://www.ifrance.com/100MUSIQUE/Histoire/Compostr/Stravsky.htm

George Balanchine
http://www.cmi.univ-mrs.fr/~esouche/dance/Balan.html