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Voir
aussi : L'Histoire du Soldat,
ballet de Stravinsky
concerto
pour violon 1931
Chorégraphie : George Balanchine (1972)
Le Sacre
du printemps
Chorégraphie : Pina Bausch (1975)
Scénographie et costumes : Rolf Borzik
Laudace
de la musique dIgor Stravinsky aura marqué le XXe
siècle. Dans ses partitions pour le ballet, le compositeur
a exploré des registres différents, que les chorégraphes
ont transposés au plus près : dans un langage très
épuré, proche dun graphisme en noir et blanc,
Georges Balanchine se fait secrètement lyrique pour le
moderne Violin Concerto, tandis que Pina Bausch répond
avec la violence sauvage dun rituel barbare aux rythmes
convulsifs du Sacre du Printemps.
Troupe
jeune (25 ans de moyenne dage), vivante (154 danseurs) et
pétrie de traditions (remontant au XVIIe siècle),
le Ballet de lOpéra National de Paris, a vécu
les multiples influences des plus grands chorégraphes (Lifar,
Balanchine, Béjart, Petit, Carolyn Carlson et tant dautres)
et a su se doter dun répertoire très vaste
alliant tradition et modernité.
"Extraire
le corps
de sa gangue de terre
brûlée, de terre
écrite" J. Dupin, Ou Meurtres.
Sur la scène
du Théâtre Antique de Fourvière : une étendue
de terre et l'obscurité. Promesses de fertilités
et d'éclosions lumineuses.
Sur la terre, la tache rouge d'un drap, et sur ce drap une femme
étendue avec sa robe légère couleur chair.
Elle se lève, rejointe bientôt par d'autres "femmes",
d'autres "divinités païennes" aussi bien.
Puis ce sera au tour des "hommes" de venir pétrir
de leur danse la terre du printemps naissant, faunes fougueux
et vigoureux.
Il y a maintenant beaucoup de danseurs sur cette terre de désirs
et de violences. Tous vibrent et s'ébranlent sur la musique
primitive d'Igor Stravinski faite de heurts, de syncopes et d'énergies
élémentaires. Les danseurs s'organisent en "masses"
aux configurations multiples : masses compactes, cercle, demi
cercle et immobilité, ou encore parfois dispersion et mouvements
"browniens". Leurs gestes sont à hauteur de sacrifice
et de transe.
Pina Bausch parvient aussi, avec génie, à conjuguer
le pluriel et le singulier : les mouvements d'ensemble sont constitués
de singularités agitées chacune d'un mouvement distinct.
Un couple aussi se détache du groupe pour jouer les partitions
du désir et de la mort.
Les métamorphoses de la terre et de la chair sont d'une
beauté et d'une violence inouïes. La vie est faite
de forces fabuleuses, capables de se multiplier mais aussi de
s'annuler. La danse ici s'en fait l'exacte expression. Un chef
d'uvre magnifiquement interprété par les danseurs
de l'Opéra de Paris.
Jean-Emmanuel
Denave
(juillet 2002)

http://www.opera-de-paris.fr
http://www.nuits-de-fourviere.org/
Stravinsky
http://www.karadar.it/Dictionary/stravinskj.html
http://www.ifrance.com/100MUSIQUE/Histoire/Compostr/Stravsky.htm
George
Balanchine
http://www.cmi.univ-mrs.fr/~esouche/dance/Balan.html
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