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aussi : Soirée
Stravinsky, juillet 2002
Elle "a marché,
a beaucoup marché" l'Histoire du soldat dirigée
par Graziella Contratto au théâtre des Célestins
de Lyon ce dimanche 14 janvier. L'argument littéraire,
rédigé par le poète suisse Ramuz sous l'aspect
du conte nationaliste russe avait immédiatement séduit
son ami Igor Stravinsky dès 1917, au moment même
où la révolution d'octobre le coupe de son pays
natal. Les éléments du folklore russe, contenus
dans le récit des interventions des trois personnages que
sont le soldat, le diable et la princesse se trouvent ainsi mêlés
aux accents tragiques liés au réalisme de la vie
politique. A mi-chemin entre la musique de chambre et une petite
symphonie concertante l'écriture musicale met en relief
cette dualité par un jeu d'alternance entre le grotesque
et le tragique. La morphologie des thèmes dévolus
à la clarinette ainsi que les glissandi du trombone ont
quelques inflexions burlesques qu'Adorno a pu définir comme
une "musique de foire"; mais dans le même temps on ne peut
oublier que le soldat finit par être la proie du diable
évoquant ainsi le vieux mythe de Faust.
Le choix d'interprétation
de Graziella Contratto nous a séduit par le lyrisme de
certains phrasés contrairement à d'autres versions
qui ne retiennent de l'oeuvre que son aspect rythmique, exagérant
démesurément cette composante de l'écriture
chez Stravinsky. Cette conduite mélodique installe un figuralisme
harmonieux dans les passages fantastiques qui évoquent
la princesse; provoquant ainsi dans ce septuor des images sonores
non déplaisantes.
En revanche,
une réserve est émise quant à la mise en
scène pour laquelle Stravinsky avait indiqué en
sous titre que l'Histoire du soldat "se destine à être
lue, jouée et dansée"; or outre l'absence de danse,
on notera que le jeu s'est résumé à la lecture
du texte. On remarquera que cette mise en espace quelque peu déconcertante
s'est confirmée par le nihilisme des décors. Mais
peut-être faut-il y déceler une volonté de
laisser à la musique le soin d'illustrer le contenu sémantique
du texte de Ramuz....
Céline
Faita
(janvier 2001)
L'Histoire
du Soldat, ballet "qui doit être lu, joué
et dansé", est né de la rencontre entre le
compositeur Igor Stravinsky, réfugié à
Lausanne durant la Première Guerre, et le romancier valaisan
Charles Ferdinand Ramuz : une sorte de Faust revisité
(un soldat vendant son âme pour les beaux yeux d'une princesse)
et paré d'une musique tour à tour burlesque et cruelle,
racoleuse et grinçante, où le violon représente
l'âme du soldat au milieu d'un orchestre de chambre lorgnant
vers le big-band et l'orchestre de cirque.
(Charles
Ferdinand Ramuz : Histoire du soldat. Lausanne: Les Cahiers
Vaudois, 1920.
Genève: La Joie de lire, 1995)
Auditorium
de Lyon
89 rue de Bonnel
69003 Lyon
04 78 95 95 95
Théâtre
des Célestins
04 72 77 40 00

Stravinsky
http://www.karadar.it/Dictionary/stravinskj.html
http://www.ifrance.com/100MUSIQUE/Histoire/Compostr/Stravsky.htm
Charles
Ferdinand Ramuz
http://pages.infinit.net/poibru/ramuz/
http://www.agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Charles-Ferdinand_Ramuz
http://buweb.univ-angers.fr/PRESSES/Godenne/Nouv45.html
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