le dimanche 14 janvier 2001 à 11h
l'Orchestre National de Lyon
au Théâtre des Célestins
Stravinsky, L'Histoire du Soldat

Dans le cadre de "Concerts au théâtre"

direction Graziella Contratto
et les solistes de l'ONL
Mise en espace Vincent Boussard
Récitante Erica Letailleur

 

Voir aussi : Soirée Stravinsky, juillet 2002

 

Elle "a marché, a beaucoup marché" l'Histoire du soldat dirigée par Graziella Contratto au théâtre des Célestins de Lyon ce dimanche 14 janvier. L'argument littéraire, rédigé par le poète suisse Ramuz sous l'aspect du conte nationaliste russe avait immédiatement séduit son ami Igor Stravinsky dès 1917, au moment même où la révolution d'octobre le coupe de son pays natal. Les éléments du folklore russe, contenus dans le récit des interventions des trois personnages que sont le soldat, le diable et la princesse se trouvent ainsi mêlés aux accents tragiques liés au réalisme de la vie politique. A mi-chemin entre la musique de chambre et une petite symphonie concertante l'écriture musicale met en relief cette dualité par un jeu d'alternance entre le grotesque et le tragique. La morphologie des thèmes dévolus à la clarinette ainsi que les glissandi du trombone ont quelques inflexions burlesques qu'Adorno a pu définir comme une "musique de foire"; mais dans le même temps on ne peut oublier que le soldat finit par être la proie du diable évoquant ainsi le vieux mythe de Faust.

Le choix d'interprétation de Graziella Contratto nous a séduit par le lyrisme de certains phrasés contrairement à d'autres versions qui ne retiennent de l'oeuvre que son aspect rythmique, exagérant démesurément cette composante de l'écriture chez Stravinsky. Cette conduite mélodique installe un figuralisme harmonieux dans les passages fantastiques qui évoquent la princesse; provoquant ainsi dans ce septuor des images sonores non déplaisantes.

En revanche, une réserve est émise quant à la mise en scène pour laquelle Stravinsky avait indiqué en sous titre que  l'Histoire du soldat "se destine à être lue, jouée et dansée"; or outre l'absence de danse, on notera que le jeu s'est résumé à la lecture du texte. On remarquera que cette mise en espace quelque peu déconcertante s'est confirmée par le nihilisme des décors. Mais peut-être faut-il y déceler une volonté de laisser à la musique le soin d'illustrer le contenu sémantique du texte de Ramuz....

Céline Faita
(janvier 2001)

L'Histoire du Soldat, ballet "qui doit être lu, joué et dansé", est né de la rencontre entre le compositeur Igor Stravinsky, réfugié à Lausanne durant la Première Guerre, et le romancier valaisan Charles Ferdinand Ramuz : une sorte de Faust revisité (un soldat vendant son âme pour les beaux yeux d'une princesse) et paré d'une musique tour à tour burlesque et cruelle, racoleuse et grinçante, où le violon représente l'âme du soldat au milieu d'un orchestre de chambre lorgnant vers le big-band et l'orchestre de cirque.

(Charles Ferdinand Ramuz : Histoire du soldat. Lausanne: Les Cahiers Vaudois, 1920.
Genève: La Joie de lire, 1995)

Auditorium de Lyon
89 rue de Bonnel
69003 Lyon
04 78 95 95 95

Théâtre des Célestins
04 72 77 40 00


Stravinsky
http://www.karadar.it/Dictionary/stravinskj.html
http://www.ifrance.com/100MUSIQUE/Histoire/Compostr/Stravsky.htm

Charles Ferdinand Ramuz
http://pages.infinit.net/poibru/ramuz/
http://www.agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Charles-Ferdinand_Ramuz
http://buweb.univ-angers.fr/PRESSES/Godenne/Nouv45.html