Stacey
Kent (vocal), Jim Tomlinson (saxophones), Colin Oxley (guitare),
David Newton (claviers), Dave Chamberlain (contrebasse), Matt
Home (batterie)
Si l’on
compte les nouvelles vedettes du chant masculin sur les doigts
d’une seule main, la relève, par contre, des chanteuses
est assurée… Outre les incontestables divas que
sont Shirley Horn, Cassandra Wilson
et Abbey Lincoln, voici que nos sens frissonnent à l’écoute
de nouvelles voix, celles de Diana Krall, Patricia Barber, Jane
Monheit, Lizz Wright, Susanne Abbuehl, Sidsel Edresen et …
Stacey Kent (découverte tardive en France,
déjà cinq albums, sur Candid, avant celui-ci !)
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Cette
new-yorkaise est très tôt imprégnée
de la musique des maîtres du répertoire du
«Great American Songbook» constitué de
standards interprétés par Frank Sinatra, Nat
King Cole, Tony Bennett, Ella Fitzgerald ou Billie Holiday,
sans véritablement songer à une carrière
de chanteuse professionnelle. Installée à
Londres pour suivre un stage de musique, elle fait son apprentissage
du jazz avec un big band avant de rencontrer le saxophoniste
Jim Tomlinson (très inspiré par Stan Getz
et Zoot Sims au ténor et au baryton) qui deviendra
son mari et l’accompagnera avec son sextette. |
Dès
lors la critique (presque) unanime chante louanges. Il est vrai,
et ce dernier disque en est l'illustration, que cette voix séduit
par sa justesse, ce joli grain de voix, un sens inné
du phrasé, du swing et, surtout, par cette fraîcheur
qui nous laisse, nous, sans voix. Stacey a décidé
de rendre hommage(s) à ces « boys » qui,
dit-elle, "ont tous enrichi, animé et alimenté
ma vie musicale et continuent à le faire".
Alors ces messieurs (vivants ou morts) : Tony Bennett (The
Boy Next Door), Ray Charles (Makin’ Woopee),
James Taylor (You’ve got a Friend), Dizzy Gillespie
et Joe Carroll (Ooh-Shoo-Be-Doo-Be), Nat King Cole
(‘Tis Autumn), Duke Ellington (I Got it Bad)
peuvent être heureux et fiers — tout comme Michel
Legrand et Charles Trenet (les délicates et émouvantes
versions de Que feras-tu de ta Vie? et Que reste-t-il
de nos Amours?) — de cette interprète qui
redonne des couleurs à ces chansons, dont certaines sont
tombées dans l’oubli comme You’re the
Top ou Too Darn Hot de Cole Porter.
J’appuie une fois de plus sur la touche repeat de ma machine…
Partagerez-vous mon emballement ?
J’ai
reçu en cadeau le dernier CD (apparemment non distribué
en France) d’un très jeune chanteur et pianiste
anglais (il enregistra son premier disque à 19 ans),
Jamie Cullum,
Twenty Something (Universal Classics
& Jazz, 2003). Pour ceux qui aimeront sa compatriote Stacey
Kent, je le recommande vivement pour sa façon originale
de traiter le même répertoire composé de
standards.
A
ceux qui s’étonneraient de ne pas voir dans ce
magazine beaucoup de chroniques de disques produit par Universal,
je signale que ces derniers
ont décidé de ne pas m’inscrire sur leur
service de presse... il n’y a pas de petites économies
! L'album de Jamie Cullum
fait donc exception… A bon entendeur...
Jacques
Chesnel
(février 2004)
Jacques
Chesnel
est membre de l'Académie du Jazz. Auteur de "Le
Jazz en quarantaine" (Isoète), "Les Grands
Créateurs de Jazz" avec Gérald Arnaud (Bordas)
; auteur et consultant "jazz" pour l'Encyclopédie
Encarta sur CD-Rom. Peintre, il travaille depuis plus de trente
ans sur les rapports entre jazz et peinture.
(www.jazz-chesnel.com).

http://www.staceykent.com/
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http://www.harmoniamundi.com/
http://www.jamiecullum.com/