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Autant le premier
roman de Dominique Souton, Innocente, tenait de la
nouveauté et témoignait d'une démarche originale,
autant celui-ci semble être une redite du discours tenu précédemment,
en moins amusant. Le titre accrocheur laisse présager la
présence d'un humour teinté d'ironie tragique : mais
l'histoire de ce couple, dans lequel jamais il n'est question d'amour
mais toujours de psychanalyses ratées, de cures médicamenteuses
hasardeuses et d'enfants réduits à l'état d'observateurs
passifs, se révèle plutôt être un grand
vide qui aspire les personnages et l'intérêt du lecteur
par la même occasion.
On y retrouve la même satire d'une société qui
surconsomme ad nauseam, de protagonistes sans âme, frivoles,
qui se noient dans un verre d'eau ; on y retrouve aussi un existencialisme
superficiel qui conduit la narratrice, grande admiratrice d'héroïnes
de séries télévisées, à se persuader
que "l'autre n'est autre que soi-même", ou
bien qu'il "ne s'agit en effet pas tant de renoncer à
trouver une solution à un conflit, que l'absence même
de tout conflit"... Le roman s'achève en points
de suspension, en Floride, sinistre métaphore du vide et
de l'ennui.
On comprend bien que le regard que la romancière porte sur
ses créations est détaché, qu'elle ne s'identifie
pas à eux (du moins on l'espère...). En réalité,
elle n'a pas semblé s'apercevoir qu'à trop vouloir
cultiver un minimalisme à la limite de l'absurde, il ne reste
plus grand chose dans un récit : ainsi, le lecteur lui aussi
est capable d'un détachement aisé face à un
récit qu'il tente en vain d'apprivoiser...
B.Longre

Du
même auteur : Innocente (2000)
Lire la chronique de Sit'art mag
http://www.e-litterature.net/lecture/Souton.html
http://www.alsapresse.com/jdj/00/03/30/MA/article_31.html
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