Comment mon mari et moi avons failli sauver notre mariage
Editions de l'Olivier, août 2001

 

Autant le premier roman de Dominique Souton, Innocente, tenait de la nouveauté et témoignait d'une démarche originale, autant celui-ci semble être une redite du discours tenu précédemment, en moins amusant. Le titre accrocheur laisse présager la présence d'un humour teinté d'ironie tragique : mais l'histoire de ce couple, dans lequel jamais il n'est question d'amour mais toujours de psychanalyses ratées, de cures médicamenteuses hasardeuses et d'enfants réduits à l'état d'observateurs passifs, se révèle plutôt être un grand vide qui aspire les personnages et l'intérêt du lecteur par la même occasion.
On y retrouve la même satire d'une société qui surconsomme ad nauseam, de protagonistes sans âme, frivoles, qui se noient dans un verre d'eau ; on y retrouve aussi un existencialisme superficiel qui conduit la narratrice, grande admiratrice d'héroïnes de séries télévisées, à se persuader que "l'autre n'est autre que soi-même", ou bien qu'il "ne s'agit en effet pas tant de renoncer à trouver une solution à un conflit, que l'absence même de tout conflit"... Le roman s'achève en points de suspension, en Floride, sinistre métaphore du vide et de l'ennui.
On comprend bien que le regard que la romancière porte sur ses créations est détaché, qu'elle ne s'identifie pas à eux (du moins on l'espère...). En réalité, elle n'a pas semblé s'apercevoir qu'à trop vouloir cultiver un minimalisme à la limite de l'absurde, il ne reste plus grand chose dans un récit : ainsi, le lecteur lui aussi est capable d'un détachement aisé face à un récit qu'il tente en vain d'apprivoiser...

B.Longre


Du même auteur : Innocente (2000)
Lire la chronique de Sit'art mag

une chronique sur le site La lubie
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