un film écrit et réalisé par François Ozon

France, 2000
1h35

Charlotte Rampling, Bruno Cremer,
Jacques Nolot, Alexandra Stewart,
Pierre Vernier, Andrée Tainsy

Sortie le 7 février 2001

 

Dans la plus pure veine du cinéma d'auteur à la française, Sous le sable narre la suite (imaginée) d'un événement marquant qu'Ozon vécut dans sa jeunesse, un récit de vacances. Marie et Jean séjournent, comme chaque été, dans la résidence familiale de Jean, au milieu des landes. Le lendemain de leur arrivée, ils se rendent sur une plage et là, après un somme ensoleillé, Marie constate l'absence de Jean, parti se baigner. Des recherches infructueuses poussent Marie, très éprouvée, à rentrer sur Paris, où s'ouvre le parcours douloureux d'une femme habitée par le doute.
La disparition vécut par ceux qui restent et vue à travers leurs yeux est le thème principal de ce film dont l'intrigue peut sembler banale ; Mais la complicité entre Rampling et Ozon prend là toute son ampleur : la caméra happe lentement les tensions, crispations du visage de l'actrice, ses gestes, ses fantasmes et ses mirages, accentués par des musiques soigneusement choisies pour leur poésie (Portishead, Barbara, Chopin ou Malher).
"L'image de cette femme qui repart seule chez elle avec les affaires de son mari m'a souvent hanté. Je me suis toujours demandé : que s'est-il passé après." Ozon a su explorer l'après de cette femme en plein désarroi et il s'interroge : "Comment faire un deuil quand il n'y a pas de corps ?" Chez elle, elle retrouve un espace dans lequel s'engouffre le vide de l'absence, et elle, l'actrice, le point de convergence sur lequel se fixe la caméra. Une caméra impudique qui malmène Marie, bousculée par la rationalité de son entourage, alors qu'elle préfère encore espérer.
Un film féminin qui n'est pas sans rappeler, dans un autre registre, Une femme d'extérieur (avec Agnès Jaoui), dans lequel la caméra était là aussi au service des sentiments éprouvés par une femme en plein bouleversement. Un récit percutant qui ne fera peut-être pas l'unanimité mais qui demeure digne et sincère avec, en figure centrale, une comédienne qui n'a plus rien à prouver et qui avoue : " Depuis le film de Nossiter (Signs and Wonders), il y a une ouverture différente, une voie vers la lumière qui correspond à un moment de ma vie. Marie m'a permis un vrai épanouissement."

Reynald

Site officiel de François Ozon, une mine d'informations
http://www.francois-ozon.com/

Le site de Haut et Court, le distributeur (une réussite)
http://www.hautetcourt.com/HC/online.html

Page complète sur le réalisateur
http://www.geocities.com/Hollywood/Makeup/6977/biographie.html

Charlotte Rampling
http://us.imdb.com/Bio?Rampling,+Charlotte