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TJA : renseignements et location : 04 72 53 15 15
et
le 24 novembre 2000, Espace A. Camus, Bron
04 72 14 63 40
avec
Françoise
Cano Lopez, Denis Deschaume, Alain Papillon et Thierry Vermote
Dans
Les Malheurs de Sophie
de la compagnie José Manuel Cano Lopez, le spectateur est
d'emblée plongé dans le texte et l'univers de la Comtesse
de Ségur. Le récit alterné des acteurs décrit
Sophie, " sa bonne grosse figure bien fraîche, bien gaie,
(…), (ses) beaux yeux gris, (son) nez en l'air et un peu gros, (sa)
bouche grande et toujours prête à rire… ", ses péripéties :
la poupée cassée, les poissons rouges morcelés,
la tortue noyée…La parole, la voix, le geste, le chant, la
musique sont convoqués pour donner à imaginer, plus
qu'à voir Sophie, Paul et leurs ami(e)s. Lequel des acteurs
est Sophie ? Tous et aucun. Le spectateur voit se mouvoir devant
lui quatre personnages aux grands yeux étonnés, aux
robes à volants et à nœuds aux vives couleurs. Garçons ?
Filles ? Il ne sait. Les acteurs ont su retrouver les mimiques et
la gestualité universelle de la petite enfance : le balancement
du corps d'avant en arrière, les genoux se touchant, les
mains pétrissant un coin de tablier…Mais ils n'incarnent
pas Sophie, ils la donnent seulement à imaginer. Et le spectateur
adhère pleinement à leur jeu sans toutefois être
dupe comme dans un spectacle classique.
Pour
le créateur de la pièce, comme pour la Comtesse de
Ségur, la notion d'enfance ne répond pas aux poncifs
de l'adorable ni aux stéréotypes lénifiants
de l'innocence. Le spectateur vit une heure dix dans un monde enfantin
ludique, mais cruel, terni par le désir destructeur de Sophie
dont les bêtises, les cris de rage se heurtent au " non "
parental. Et c'est cette répression qui lui permettra d'intérioriser
les limites à ne pas franchir et finalement à se métamorphoser
en petite fille modèle, en image. Ce spectacle relève
de l'esthétique baroque lorsqu'il saisit ainsi Sophie dans
son devenir et la multiplie, à la fin de la pièce,
avec la mise en abyme de son portrait et de celui de l'actrice.
L'or des cadres déploie aussi toute une poésie baroque
valorisée par les jeux de lumière ou la luminosité
vacillante des bougies. Ces jeux lumineux, sur une scène
quasiment toujours plongée dans la pénombre, contribuent
à détacher les visages ou les objets en les montrant,
avec plus d'acuité, sous un jour nouveau. Le metteur en scène,
les comédiens n'ont pas voulu faire de cette pièce
un reflet du réel, mais en suggérer une image poétique
et baroque. On est loin d'un théâtre de consommation
immédiate avec projection et identification du public à
des personnages mimant la vie.
Annie
Forest-Abou Mansour
"Sophie
et ses malheurs, Sophie et ses douleurs ... un monde sucré
et cruel, dégoulinant de bonnes intentions, suintant de méchanceté
...Mais comme Sophie avait 'une bouche grande et toujours prête
à rire', on en rira ... (...) une comédie théâtrale
et musicale à mordre à pleines dents avec un appétit
féroce de vivre."

Textes
en ligne
http://www.contes.net/contes/segur/comtesse.html
La Comtesse de Ségur
http://www.culture.fr/culture/actualites/celebrations/segur.htm
http://perso.wanadoo.fr/ecole.comtesse/
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