Du 8 au 17 octobre 2000
au TJA, Lyon 9°

Texte La Comtesse de Ségur
née Rostopchine

mise en scène et conception
José Manuel Cano Lopez
Dramaturgie et textes des chansons
Jean-Luois Maitre

Création
Cie Jose Manuel Cano Lopez


TJA : renseignements et location : 04 72 53 15 15
et le 24 novembre 2000, Espace A. Camus, Bron
04 72 14 63 40

avec Françoise Cano Lopez, Denis Deschaume, Alain Papillon et Thierry Vermote

Dans Les Malheurs de Sophie de la compagnie José Manuel Cano Lopez, le spectateur est d'emblée plongé dans le texte et l'univers de la Comtesse de Ségur. Le récit alterné des acteurs décrit Sophie, " sa bonne grosse figure bien fraîche, bien gaie, (…), (ses) beaux yeux gris, (son) nez en l'air et un peu gros, (sa) bouche grande et toujours prête à rire… ", ses péripéties : la poupée cassée, les poissons rouges morcelés, la tortue noyée…La parole, la voix, le geste, le chant, la musique sont convoqués pour donner à imaginer, plus qu'à voir Sophie, Paul et leurs ami(e)s. Lequel des acteurs est Sophie ? Tous et aucun. Le spectateur voit se mouvoir devant lui quatre personnages aux grands yeux étonnés, aux robes à volants et à nœuds aux vives couleurs. Garçons ? Filles ? Il ne sait. Les acteurs ont su retrouver les mimiques et la gestualité universelle de la petite enfance : le balancement du corps d'avant en arrière, les genoux se touchant, les mains pétrissant un coin de tablier…Mais ils n'incarnent pas Sophie, ils la donnent seulement à imaginer. Et le spectateur adhère pleinement à leur jeu sans toutefois être dupe comme dans un spectacle classique.

Pour le créateur de la pièce, comme pour la Comtesse de Ségur, la notion d'enfance ne répond pas aux poncifs de l'adorable ni aux stéréotypes lénifiants de l'innocence. Le spectateur vit une heure dix dans un monde enfantin ludique, mais cruel, terni par le désir destructeur de Sophie dont les bêtises, les cris de rage se heurtent au " non " parental. Et c'est cette répression qui lui permettra d'intérioriser les limites à ne pas franchir et finalement à se métamorphoser en petite fille modèle, en image. Ce spectacle relève de l'esthétique baroque lorsqu'il saisit ainsi Sophie dans son devenir et la multiplie, à la fin de la pièce, avec la mise en abyme de son portrait et de celui de l'actrice. L'or des cadres déploie aussi toute une poésie baroque valorisée par les jeux de lumière ou la luminosité vacillante des bougies. Ces jeux lumineux, sur une scène quasiment toujours plongée dans la pénombre, contribuent à détacher les visages ou les objets en les montrant, avec plus d'acuité, sous un jour nouveau. Le metteur en scène, les comédiens n'ont pas voulu faire de cette pièce un reflet du réel, mais en suggérer une image poétique et baroque. On est loin d'un théâtre de consommation immédiate avec projection et identification du public à des personnages mimant la vie.

Annie Forest-Abou Mansour

"Sophie et ses malheurs, Sophie et ses douleurs ... un monde sucré et cruel, dégoulinant de bonnes intentions, suintant de méchanceté ...Mais comme Sophie avait 'une bouche grande et toujours prête à rire', on en rira ... (...) une comédie théâtrale et musicale à mordre à pleines dents avec un appétit féroce de vivre."

Textes en ligne
http://www.contes.net/contes/segur/comtesse.html

La Comtesse de Ségur
http://www.culture.fr/culture/actualites/celebrations/segur.htm
http://perso.wanadoo.fr/ecole.comtesse/