Snake Oil
Doustrian dance
12Prod, 2005

 

Du jazz dans le cosmos

Le son tellement prenant du quartet Snake oil échappe aux qualificatifs. Sur quelle planète nous emmènent Boris Blanchet (saxophone), Daniel Jeand’heur (batterie), Greg Théveniau (basse), et Romain Nassini (Fender Rhodes) ? Qu’est-ce que cette doustrian dance surréelle, acide sans être dépourvue d’émotions fortes ?
Un jazz assurément puissant, sur « 5.4.8. (doustrian dance) », qui ouvre l’album sur un chaos cosmique, pour virer à la danse tribale, sous les effets psycho-physiques de la basse des cavernes de Greg Théveniau, d’un sax lunaire et d’un Rhodes de métal, tout cela mené à la baguette par la batterie explosive, exceptionnelle, de Daniel Jeand’heur (et One shot n’est pas loin).

Cette doustrian dance a plus d’une facette : le sax inspiré de Boris Blanchet s’offre une belle balade romantique sur « Maria » (avec un solo de basse d’une grande sensibilité), tandis que «Shark attack » s’affirme comme un swing de vieux briscards furieux, riche en passages dans les eaux troubles de l’excellent Rhodes de Romain Nassini. Homogène, ce quartet cache la recette de son alchimie redoutable pour mieux hypnotiser l’auditeur, que ce soit pour une descente nocturne sur le mystérieux « Fleuve », pour l’insaisissable « XB12 », ou pour l’apocalyptique « Tedley » qui clôt l’album... Snake oil signe avec cette Doustrian dance un ovni de haute volée, fluide et dangereux comme du venin.

Nicolas Cavaillès
(octobre 2005)

http://douzeprod.free.fr/0snake.htm