Du
jazz dans le cosmos
Le son
tellement prenant du quartet Snake oil échappe aux qualificatifs.
Sur quelle planète nous emmènent Boris Blanchet
(saxophone), Daniel Jeand’heur (batterie), Greg Théveniau
(basse), et Romain Nassini (Fender Rhodes) ? Qu’est-ce
que cette doustrian dance surréelle, acide sans
être dépourvue d’émotions fortes ?
Un jazz assurément puissant, sur « 5.4.8. (doustrian
dance) », qui ouvre l’album sur un chaos cosmique,
pour virer à la danse tribale, sous les effets psycho-physiques
de la basse des cavernes de Greg Théveniau, d’un
sax lunaire et d’un Rhodes de métal, tout cela
mené à la baguette par la batterie explosive,
exceptionnelle, de Daniel Jeand’heur (et One shot n’est
pas loin).

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Cette
doustrian dance a plus d’une facette : le sax inspiré
de Boris Blanchet s’offre une belle balade romantique
sur « Maria » (avec un solo de basse
d’une grande sensibilité), tandis que «Shark
attack » s’affirme comme un swing de
vieux briscards furieux, riche en passages dans les eaux
troubles de l’excellent Rhodes de Romain Nassini.
Homogène, ce quartet cache la recette de son alchimie
redoutable pour mieux hypnotiser l’auditeur, que
ce soit pour une descente nocturne sur le mystérieux
« Fleuve », pour l’insaisissable
« XB12 », ou pour l’apocalyptique
« Tedley » qui clôt l’album...
Snake oil signe avec cette Doustrian dance un
ovni de haute volée, fluide et dangereux comme
du venin.
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Nicolas
Cavaillès
(octobre 2005)

http://douzeprod.free.fr/0snake.htm