Originaire
de la New Orleans, Fillmore Slim embrase la carrière
de musicien dès les années 50, et grave quelques
singles pour les labels Dooto, Kent, Dore. Ce ténor à
la voix acidulée comparable à celle d'un Jimmy
johnson, et guitariste rugueux empruntant largement à
L.C. Good Robinson, est incarcéré au pénitencier
fédéral deTexaracana entre 1980 et 1985 : Dire
que ces 5 années passées derrière les barreaux
lui ont été profitable serait quelque peu excessif,
mais durant cette période, il se consacre uniquement
à la musique ; Ses efforts porteront rapidement leur
fruit puisque c'est en 1987 qu'il se signale avec un excellent
premier album Born to sing the blues (Moutain
Tap) qu'il enregistre sous le pseudonyme de Clarence Guitar
Sims ; autre réalisation discographique notable, It's
going to be my time after while en 1996, puis vient
ce nouvel album pour le label Fedora : Variant avec tact entre
funk blues, shuffles et blues lents, il s'impose sur ce disque
par sa pugnacité et son dynamisme.
Si tout est loin d'être parfait, et si parfois ses solos
de guitare sont quelques peu hésitants, c'est l'atmosphère
terrienne, sans artifice, que l'on retiendra avant tout. Pour
ne rien gâcher, Fillmore Slim a su s'entourer de musiciens
efficaces, entre autre le batteur Chris Millar qui n'est autre
que le dirigeant du label Fedora, le guitariste Paris Slim à
la steel guitar sur le poisseux funk blues the girls can't
cook, et surtout l'inégalable J.J. Malone au piano,
aussi à l'aise dans ce rôle de sideman que dans
celui de leader, qui nous gratifie au passage de quelques solos
bien sentis.
Un disque de blues sincère et bien sympathique que ce
Other side of the road qui permettra peut-être
à Fillmore Slim de toucher un public plus large. En tout
cas il le mérite.
Régis

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