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Un nouvel objet
technologique hollywoodien déferle sur les écrans :
son titre et son affiche laissaient présager d'une certaine
laideur ! Impression confirmée à la vision du film.
En résumé, Shrek est un ogre disgracieux mais attendrissant,
qui doit délivrer une princesse détenue par un dragon,
pour le compte de Lord Farquaad, disgracieux lui-aussi mais très
méchant. En échange de ce service l'ogre recouvrera
l'usage de son marécage. Lors de sa périlleuse mission,
Shrek est accompagné d'un âne dévoué
et maladroit, auquel Eddie Murphy prête sa voix.
Shrek n'a, tout compte fait, qu'une seule qualité :
la voix des acteurs qui parviennent à prêter un peu
d'âme et d'humour (souvent gras) aux créatures numériques.
Pour le reste, Shrek n'est qu'un recyclage parodique,
paresseux et fade, des contes et légendes pour enfants. Les
références sont tellement nombreuses qu'elles tournent
à la bouillie. Ce déficit fictionnel et créatif
est sans doute dû à la concentration des auteurs sur
les procédés et les exploits purement techniques :
de nouveaux logiciels qui rendent la physionomie des personnages
et le « naturel » des paysages plus réalistes… la vie assistée
par ordinateur en quelque sorte.
Or, à part l'expressivité saisissante des regards,
le dispositif se démarque surtout par la laideur de son rendu :
on découvre des êtres « vectoriels » aux volumes géométriques
et aux couleurs insipides, et l'on regrette bien vite la simplicité
du dessin né de la main humaine (Mes
voisins les Yamada pour ne citer que celui-ci).
Un seul but ici : épater la galerie et battre de nouveaux
records… mais la réussite technique se gagne aux dépens
de la poésie, de l'inventivité et de la beauté.
Aussi la morale du film (il ne faut pas se fier aux apparences)
peut être retournée contre lui : car derrière
la poudre aux yeux informatique, il n'y a rien !
On conseillera donc aux petits d'aller voir les derniers dessins
animés japonais et aux grands de relire Heidegger !
Jean-Emmanuel
Denave

http://www.shrek.com
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