|
| Chorégraphie
et mise en scène
Étienne Bideau-Rey et Gisèle Vienne
Avec Olivier Balzarini, Jonathan Capdevielle, Yves-Noël
Genod, Marie-Caroline Hominal, Hélène Iratchet,
Gisèle Vienne
Musique originale et interprétation : Pita
(Peter Rehberg)
Lumières : Patrick Riou
Scénographie et mannequins : Étienne
Bideau-Rey
Vidéo : Vincent Voillat
|
Théâtre
de la Croix Rousse, Lyon 4°
renseignements et location
04 72 07 49 49
Production
: DACM en collaboration avec le Centre Chorégraphique
National de Grenoble
Coproduction : le Cargo/Maison de la Culture de Grenoble,
Bonlieu-Scène nationale d’Annecy
Durée : 1h05
|
Décor de salon d’attente d’aéroport, avec
sièges design en cuir et acier et, disposés dans le
fond de la scène, des mannequins de grand magasin, les «
showroom dummies » aux postures diverses, assis pour
la plupart. Viennent s’y mêler les danseurs, semant
un trouble étrange entre animé et inanimé,
où l’on s’attend à voir s’éveiller
les mannequins (à l’allure plutôt humaine, bravo
à Etienne Bideau-Rey pour leur réalisation).
Six danseurs
s’entrecroisent sur scène pendant plus d’une
heure, s’asseyant les uns à côtés des
autres, dansant ensemble, deux par deux, mimant des poses et des
attitudes humaines. On trouve un traitement intéressant des
attitudes que l’on a en société, avec le cliché
des femmes poupées Barbie grandeur nature (avec perruque
noir jais ou platine, et masque donnant des faciès de poupée
gonflable). La chorégraphie mêle corps artificiels
et corps réels, nous interrogeant par exemple sur la passivité,
l’apparence, la soumission, la révolte, tous ces visages
que peuvent revêtir les attitudes humaines. L’être
qui ne réagit plus est pris en charge par un autre, et ainsi
de suite, tous passant de passif à actif, alternant soit
avec des masques, soit à visage découvert, soit travesti
en femme. Se tissent alors des échanges fait de sensualité,
de brusquerie… Utiliser l’autre comme une marionnette
est un élément redondant dans ce spectacle.
Showroomdummies
est un spectacle hybride, mêlant musique électro, danse,
faisant plus figure de performance que de théâtre.
Ce n’est pas du théâtre d’ailleurs : aucune
parole n’est échangée, tout est rythmé
par la bande-son, extrêmement présente, composée
et jouée en direct par Peter Rehberg. Une musique électro
très inventive qui permet au spectateur de pénétrer
l’univers un peu hermétique du spectacle, de se laisser
emporter par l’évocation des sons. On pense à
l’univers manga japonais, avec ces femmes-poupées et
ces attitudes si esthétisantes par moment (pose lascive abandonnée
sur un fauteuil), impression renforcée par la chanteuse asiatique
qui chante dans sa langue, seul moment du spectacle où l’on
entend une voix humaine.
Voilà
donc un spectacle déroutant, qui offre une vision esthétique
tel un clip branché, comprenant certaines images très
fortes, une chorégraphie saccadée, une musique prenante,
peut-être sans aller réellement au bout de ses objectifs.
Emilie
Jullin
(mai 2003)
Le
théâtre de la Croix-Rousse
http://www.croix-rousse.com/
http://www.showroomdummies.fr.st/
http://membres.lycos.fr/splendids/participants.htm
|