Théâtre de la Croix-Rousse
du 13 au 15 mai 2003

 

Chorégraphie et mise en scène
Étienne Bideau-Rey et Gisèle Vienne
Avec Olivier Balzarini, Jonathan Capdevielle, Yves-Noël Genod, Marie-Caroline Hominal, Hélène Iratchet, Gisèle Vienne
Musique originale et interprétation : Pita (Peter Rehberg)
Lumières : Patrick Riou
Scénographie et mannequins : Étienne Bideau-Rey
Vidéo : Vincent Voillat

Théâtre de la Croix Rousse, Lyon 4°
renseignements et location
04 72 07 49 49

Production : DACM en collaboration avec le Centre Chorégraphique National de Grenoble
Coproduction : le Cargo/Maison de la Culture de Grenoble, Bonlieu-Scène nationale d’Annecy
Durée : 1h05


Décor de salon d’attente d’aéroport, avec sièges design en cuir et acier et, disposés dans le fond de la scène, des mannequins de grand magasin, les « showroom dummies » aux postures diverses, assis pour la plupart. Viennent s’y mêler les danseurs, semant un trouble étrange entre animé et inanimé, où l’on s’attend à voir s’éveiller les mannequins (à l’allure plutôt humaine, bravo à Etienne Bideau-Rey pour leur réalisation).

Six danseurs s’entrecroisent sur scène pendant plus d’une heure, s’asseyant les uns à côtés des autres, dansant ensemble, deux par deux, mimant des poses et des attitudes humaines. On trouve un traitement intéressant des attitudes que l’on a en société, avec le cliché des femmes poupées Barbie grandeur nature (avec perruque noir jais ou platine, et masque donnant des faciès de poupée gonflable). La chorégraphie mêle corps artificiels et corps réels, nous interrogeant par exemple sur la passivité, l’apparence, la soumission, la révolte, tous ces visages que peuvent revêtir les attitudes humaines. L’être qui ne réagit plus est pris en charge par un autre, et ainsi de suite, tous passant de passif à actif, alternant soit avec des masques, soit à visage découvert, soit travesti en femme. Se tissent alors des échanges fait de sensualité, de brusquerie… Utiliser l’autre comme une marionnette est un élément redondant dans ce spectacle.

Showroomdummies est un spectacle hybride, mêlant musique électro, danse, faisant plus figure de performance que de théâtre. Ce n’est pas du théâtre d’ailleurs : aucune parole n’est échangée, tout est rythmé par la bande-son, extrêmement présente, composée et jouée en direct par Peter Rehberg. Une musique électro très inventive qui permet au spectateur de pénétrer l’univers un peu hermétique du spectacle, de se laisser emporter par l’évocation des sons. On pense à l’univers manga japonais, avec ces femmes-poupées et ces attitudes si esthétisantes par moment (pose lascive abandonnée sur un fauteuil), impression renforcée par la chanteuse asiatique qui chante dans sa langue, seul moment du spectacle où l’on entend une voix humaine.

Voilà donc un spectacle déroutant, qui offre une vision esthétique tel un clip branché, comprenant certaines images très fortes, une chorégraphie saccadée, une musique prenante, peut-être sans aller réellement au bout de ses objectifs.

Emilie Jullin
(mai 2003)

Le théâtre de la Croix-Rousse
http://www.croix-rousse.com/

http://www.showroomdummies.fr.st/

http://membres.lycos.fr/splendids/participants.htm