|
Archaïsmes
et modernités de la SF
Le monde change,
la science fiction aussi.
Un rapport plus inquiet à la science et au politique, l’introduction
de nouvelles sciences dans ce domaine, la tentation d’un retour
vers la fantasy ou le « médiévofuturisme »,
des revendications de littérarité pour un genre qui
aurait dû trouver sa légitimité et peine encore
à la trouver malgré le temps écoulé
depuis son émergence et le nombre d’œuvres de
qualité publiée, l’influence du cinéma
qui lui donne une forte présence dans la culture contemporaine,
la mode des cycles… Tous ces aspects sont évoqués
de façon passionnante par ce volume qui propose un parcours
en trois parties : Les formes actuelles de la SF littéraire,
de la SF à la fantasy (regret : une interview de Jacques
Goimard fait allusion à des définitions proposées
par Dan Simmons, dont le texte ne figure pas dans le volume) et
les formes actuelles de la SF au cinéma (Stalker, Blade
Runner, The Truman Show…).
On trouve dans
la première partie une présentation du groupe Limite,
fondé en 1986, qui ouvre des perspectives intéressantes
pour la lecture de la suite : ce groupe a voulu promouvoir une SF
plus « littéraire » et libre, et tentée
de s’appuyer dans son écriture non sur des progrès
technologiques mais sur les possibilités poétiques
d’exploration de l’inconscient individuel ou collectif.
L’article que Francis Berthelot consacre à ce mouvement
(qui a eu une vie brève) décrit l’itinéraire
de chacun de ses membres et surtout le sien propre, qui l’amène
à rejoindre les écrivains de la Nouvelle fiction,
courant regroupant des auteurs de « littérature générale
». Son approche de ces deux groupes, Nouvelle fiction et Limite,
lui permet de proposer un concept qui pourrait donner une nouvelle
orientation à la recherche sur ces littératures (ou
sur la littérature tout court), celui de fictions trangressives
qui peuvent s’organiser en deux catégories : «
la transgression de l’ordre du monde (approche thématique)
et la transgression des lois du récit (approche discursive)
».
 |
Une
façon d’extraire la SF de son ghetto ? sans
doute. Les articles proposés par ce volume montrent
bien que les problématiques de la SF, qu’elles
soient thématiques ou discursives, sont celles de
la littérature générale, complétées
par quelques traits propres eux-mêmes repris par la
littérature générale.
Anne-Marie
Mercier-Faivre
(mars 2008 )
|
Anne-Marie
Mercier-Faivre
est
professeure des Universités. Elle enseigne à l'IUFM
de Lyon et à l'Université Lumière-Lyon 2.

http://www.bragelonne.fr/
Les
derniers articles
|