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Les jeunes recrues
russes au regard d'azur passent, en grappes compactes, la visite
d'aptitude au combat. Pressées vers la mort. Puis, un blindé
part nonchalamment en patrouille. Il tombe dans une embuscade tendue
par des indépendantistes caucasiens (nous aurons peu de détails
sur le contexte géographique et historique). Les rebelles
font deux prisonniers: un jeune soldat un peu naïf, Vania,
et son aîné, officier roublard et "dur à
cuire", Sacha. Abdoul veut les échanger contre son fils
retenu par les Russes et les emmène dans un improbable et
magnifique village musulman perché sur une montagne. Très
vite des liens se tissent entre les deux soldats et la population
locale : avec leur geôlier bien sûr, mais aussi avec
la fille d'Abdoul qui tombe amoureuse de Vania. La guerre n'est
possible que lorsque la parole se dérobe.
Les deux militaires, eux-aussi, apprennent à s'apprécier
et le film est émaillé de scènes cocasses,
de confidences poignantes, ou encore de moments un peu fous comme
seuls les Russes savent en filmer (une danse d'ivrognes sur le toit
de la prison par exemple).
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Serguei
Bodrov signe ici un film âpre sur la guerre et ses absurdités.
Sa caméra, souvent fixe, filme avec rigueur et affection
les différents protagonistes sans prendre parti. Il
se dégage de ce film rude une forte émotion
ainsi que quelques lignes de fuite improbables: une danse
d'ivrogne, un amour impossible, une évasion ratée,
Si du côté caucasien "on tue les Russes
parce qu'ils tuent nos fils", côté russe
"il faut venger nos fils"
Serguei Bodrov revisite
la tragédie grecque de bien belle manière et
anticipe (il tourne en 1996) nos modernes tragédies
: la guerre en Tchétchénie, pour ne citer qu'elle.
Jean-Emmanuel
Denave
(juillet 2002)
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