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L'onde
de choc du 11 septembre fut mondiale et n'a pas fini de se
propager. La date "anniversaire" donne lieu, au
sein de l'espace public et, notamment, médiatique,
à de nombreux commentaires, interprétations
ou commémorations.
Les onze courts métrages produits par A. Brigand
se démarquent de cette masse médiatique par,
au moins, deux aspects : un regard souvent décalé,
un regard international. De plus, le cinéma tente,
enfin, de penser l'événement, de se le réapproprier,
après être resté "groggy" plus
d'un an, assommé par la toute puissance des images
télévisées et du direct.
Onze cinéastes,
onze nationalités, un seul territoire (le cinéma,
la réflexion)
onze points de vue. Cette mosaïque
se décline sous des formes diverses : conte symbolique
et kafkaïen (Imamura), mise en abyme historique (Ken
Loach), fable "lelouchienne" (Claude Lelouch), chaos
synchroniques (Amos Gitaï), requiem bouleversant (Gonzalez
Inarritu), farce (Ouedraogo),
Chaque cinéaste devait répondre à une
double contrainte : le film a pour sujet le 11 septembre et
doit durer 11 minutes, 9 secondes et 1 image. Chacun des réalisateurs
a travaillé sans connaître le travail des dix
autres. D'où certainement la richesse et l'hétérogénéité
du résultat. Mais au-delà des différences
de styles ou d'approches, cette série se caractérise
par l'originalité des réflexions proposées,
son refus des idées reçues, le débat
et de la mise en perspective
Cet ensemble, d'ailleurs,
n'a pas trouvé de distributeur aux Etats-Unis tant
il se refuse à la simple commémoration ou à
une vision manichéenne de l'événement.
Le spectateur, quant à lui, ne ressort pas indemne
de la projection. 11'9''01 September 11 est
un film important.
Jean-Emmanuel
Denave
(septembre 2002)
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Réalisateurs
: S. Makhmalbaf (Iran), C. Lelouch (France),
Y. Chahine (Egypte), D. Tanovic (Bosnie), I.
Ouedraogo (Burkina Faso), K. Loach (GB), A.
Gonzalez Inarritu (Mexique), A. Gitaï (Israël),
M. Nair (Inde), S. Penn (EU), S. Imamura
(Japon).



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