Malgré
l'amputation d'une jambe à la suite d'une sévère
gangraine, Son Seals répond encore présent, preuve
à l'appui avec la parution de ce nouveau CD enregistré
pour le label Telarc. Si l'on devait décerner
une palme de l'originalité, ce chanteur/guitariste de
Chicago en serait l'un des grands favoris, tant son souci d'innover,
de progresser a été constant depuis ses fracassants
débuts discographiques pour le label Alligator en 1974.
Guitariste puissant, reconnaissable entre mille, tirant son
inspiration d'Albert King et autres guitaristes
de la première génération du West Side
Sound, il pratique toujours ce West side blues soulisant et
n'a rien perdu de sa créativité, en témoigne
de nouvelles superbes compositions, à commencer par l'envoutant
Give the devil his due, les funky doc's blues, I'got
some of my money, blues holly ghost, la ballade mineure
dear son ponctuée d'un magnifique solo de guitare
comme seul Son Seals en est capable. Le point faible de ses
derniers disques pour Alligator, la production, est ici irréprochable
et se rapproche de la perfection. Il en va de même pour
les arrangements, peaufinés, et si sa voix est devenue
excessivement rauque au fil des ans et a du mal à passer
la rampe sur certains morceaux, ce disque renoue avec la haute
qualité musicale de ses premiers enregistrements.
Rien ne vous empêche donc de vous procurer ce nouveau
CD d'un des grands du blues moderne et qui se conclut par l'un
de ses classiques , le groovy funky bitch où se
met en évidence le second guitariste Jimmy Vivino, par
ailleurs coproducteur du disque, et se révélant
excellent compositeur avec le surpuissant soul blues hair
on a frog qui va comme un gant à la personnalité
musicale d'un Son Seals déchaîné.
Régis

autre
chronique
The Son Seals blues band (Alligator, réédition
CD)