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I’m
the best …
Depuis sa naissance,
Edouard est le premier en tout. Il sait tout sur tout. Et il est
très fier de le dire et de le répéter. «
Être le meilleur en tout ce doit être triste
» lui dit un jour sa cousine Joy. Avec son petit air agaçant
qui le suit toujours, Edouard rétorque que c’est surtout
triste pour les autres. Joy n’en reste pas là et l’invite
à son anniversaire … de filles ! En arrivant comme
un coq prétentieux, Edouard est accueilli par une basse-cour
de fillettes bavardes et curieuses, heureuses d’avoir enfin
une encyclopédie ambulante et masculine à portée
de voix. Là, Edouard qui ne s’attendait pas à
cette première question, « alors c’est vrai
que tu as déjà fait des bébés ?
», ne se démonte pas répond d’une voix
assurée : « Bien sûr ! ». Mais
les filles ne s’arrêtent pas là, c’est
bien connu, elles compliquent tout. Passé le goûter,
on oublie les cadeaux pour l’unique sujet de la fête
et s’ensuit une série de questions « innocentes
» : «et comment on fait les bébés,
et comment on fait l’amour… ». Monsieur-Edouard-réponse-à-tout,
n’hésite presque pas à démontrer ses
affirmations, en baissant son pantalon… et devient tout rouge
quand sa tante entre dans la pièce ! Le bon mot au bon moment
et la situation est remise d’aplomb.
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Avec
Le meilleur en tout, Thomas Scotto
nous replonge dans « l’univers des enfants »,
à cet âge où l’existence et la différence
des sexes sont des compétitions. Le cadre et les personnages
de l’histoire sont correctement posés. On aime
ce style concis et direct, à la manière des
dialogues d’enfants. Il semble difficile néanmoins
en si peu de mots de faire le tour des deux problèmes
soulevés par ce petit poche de quarante deux pages.
« Paraître le meilleur est-ce exister vraiment
? » est la question à traiter que suggère
le titre. L’interrogation «Comment fait-on
les bébés ? » constitue le thème
qui reste en mémoire en fin de lecture.
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Thomas Scotto
évite la démonstration pédagogique grâce
aux derniers paragraphes où la surprise et la réponse
des adultes sont réussies. Mais il ne va pas au fond des
questionnements et la première reste en suspens. Cependant,
même si les sujets sérieux sont survolés, on
ressort de cette anecdote d’une vie d’enfant avec le
sourire aux lèvres. Le meilleur en tout
peut être, comme la plupart des titres de la collection Petite
poche, une lecture préliminaire aux discussions « philosophiques
» avec des enfants de primaire.
L.
Fontanella
(avril 2005)
Laura
Fontanella est
bibliothécaire pour enfants. Elle s’intéresse
avec passion à la littérature jeunesse. Elle s’amuse
avec les mots, les livres, les illustrations afin de les mettre
à la portée de tous les lecteurs. Elle aime aussi
écouter les autres raconter les histoires, et parfois les
conter elle-même.

du
même auteur
Rendez
vous n'importe où Ed.Thierry Magnier, 2003
Les gens d'autour du feu Editions
Sarbacane, 2004
Sans Ailes Editions
Sarbacane, 2004
Les infernaux, Thierry Magnier, Petite poche, 2002
A la folie, plus du tout... Actes sud, Les Premiers romans Cadet,
2003
http://www.editions-thierry-magnier.com/
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