Louis
Sclavis (clarinettes, saxophones), Vincent Courtois (violoncelle,
instruments électroniques), Médéric Colignon
(trompette de poche, chant, cor, percussions, instruments électronique),
Hasse Poulsen (guitare)
Jusque là
prophète à la fois dans son pays et dans l’Europe
entière, notre instrumentiste, compositeur et arrangeur
lyonnais, reconnu unanimement comme le plus inventif des clarinettistes
de jazz actuel, se voit tresser des couronnes par l’un
des critiques new-yorkais le plus écouté, Gary
Giddins, qui écrit dans Village Voice du mois de mai
de cette année :
"A cinquante ans, avec cinq CD à son actif chez
ECM ces dix dernières années, Louis Sclavis est
aujourd’hui un musicien phare, de plus en plus inclassable,
du Jazz européen… son travail à la clarinette
basse, en particulier, est ce qu’il y a de plus constamment
impressionnant depuis celui d’Eric Dolphy… et, au
sein de son cycle ECM, il ne s’est encore jamais répété…"
Mazette !… Seuls jusqu’ici Django Reinhardt et Martial
Solal avaient eu droit à autant de compliments venus
d’outre-Atlantique.
Napoli’s Walls, est à
la fois le nom de son nouveau quartette et celui d’un
nouveau répertoire, ce disque se situant à la
suite des projets majeurs déjà enregistrés
chez ECM : L’affrontements des prétendants
(1993) et Les Violences de Rameau (1995-96).
Parmi les dédicataires, outre le peintre et interventionniste
Ernest-Pignon-Ernest (cet hommage : "en me laissant
porter par ses images, en guettant la sueur des murs, j’ai
voulu parler de Naples sans réalisme, ni folklore mais
comme d’une ville de fiction"), Gesualdo, prince
de Venosa et maître des madrigaux à cinq voix,
le contrebassiste de jazz Charles Mingus, l’écrivain
napolitain Erri De Luca (notamment prix Femina étranger
2002 pour son roman Montedidio), le producteur-chroniqueur
de radio Daniel Mermet, auteur d’une fantastique série
d’émissions sur Naples, le batteur Enzo Tedesco,
les enfants… et le Vésuve.
Agencé comme une fresque, ce nouvel opus bigarré
est conforme à « l’esprit Sclavis »
: habile combinaison de folklore réel ou imaginaire,
rythmes parfois rock, toujours jazz, influence « classique
» ou musique française, séquences répétitives,
et, inattendue, ambiance « techno » et «world
music ».
| De
tout cela se dégage une intense poésie sonore
aux perspectives kaléidoscopiques (de Gesualdo
à l’opéra en passant les chansons
napolitaines et les cris de rues) ; le choix et le talent
de tous les participants n’y est pas étranger.
Hors normes, hors cote ; attention, pur chef d’œuvre.
Chaudement recommandé.
Jacques
Chesnel
(octobre 2003)
|
|
Jacques
Chesnel
est membre de l'Académie du Jazz. Auteur de "Le
Jazz en quarantaine" (Isoète), "Les Grands
Créateurs de Jazz" avec Gérald Arnaud (Bordas)
; auteur et consultant "jazz" pour l'Encyclopédie
Encarta sur CD-Rom. Peintre, il travaille depuis plus de trente
ans sur les rapports entre jazz et peinture.
(www.jazz-chesnel.com).

http://www.ecmrecords.com
http://sclavisfansite.jp/