L’épopée de la science arabe
de Danielle Jacquart

Découvertes Gallimard, n°479

 

Et c’est ainsi qu’Allah est grand

Dans une synthèse richement documentée – à l’instar d’ailleurs de tous les ouvrages de la collection « Découvertes Gallimard » – Danielle Jacquart fait le point sur l’histoire des sciences arabes. De quoi compléter nos connaissances sur une civilisation multiforme dont on réduit trop souvent les apports à l’introduction du zéro dans notre système numéral. L’épopée retracée couvre près de sept cents ans, en somme depuis l’avènement de l’Empire abbasside et l’expansion de l’arabe comme langue de savoir jusqu’à la désaffection de l’observatoire de Samarkand. On y croise notamment le Calife Hârûn al-Rashîd auquel on doit la construction du premier hôpital du monde musulman ; Hunain ibn Ishâq, l’infatigable médecin-traducteur ; Averroès, le plus éminent passeur de la pensée aristotélicienne ; al-Khwârizmî, le découvreur du calcul indien, dont le nom est l’étymon du mot « algorithme »…

R. Rashed l’écrivait en 1981 : « Pour connaître l’histoire objective de la science, il faut au préalable se débarrasser des ces schémas usés, hérités du XIXe siècle, telle la notion d’une renaissance scientifique aux XVIe-XVIIe siècles, sans autre précédent que la seule science hellénistique. Il convient, autrement dit, de comprendre quelle fut la contribution à la science de cette société dont l’acte annonciateur remonte à l’hégire. ». On constate en effet que, dans quelque discipline que ce soit (droit, géométrie, chimie et alchimie, etc.), le monde arabe a toujours entretenu une vie intellectuelle foisonnante et raffinée, qui n’avait rien à envier à celle de l’Occident chrétien. On se persuade surtout qu’un pan entier de notre culture nous vient en droite ligne de ces carrefours de l’érudition que furent Tolède, Bagdad, Grenade, Kairouan ou Damas. Un legs inestimable, dont on ne voit ici que la pointe émergente.

Frédéric Saenen
(janvier 2006)

Frédéric Saenen, licencié en philologie romane, professeur de français-langue étrangère, auteur et poète, collabore à de nombreuses revues de poésie ou de critique littéraire, en Belgique et en France et participe régulièrement à des lectures publiques. Depuis mai 2003, avec Frédéric Dufoing, il anime Jibrile, revue de critique littéraire et politique.

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