Et
c’est ainsi qu’Allah est grand
Dans une synthèse
richement documentée – à l’instar d’ailleurs
de tous les ouvrages de la collection « Découvertes
Gallimard » – Danielle Jacquart fait le point sur l’histoire
des sciences arabes. De quoi compléter nos connaissances
sur une civilisation multiforme dont on réduit trop souvent
les apports à l’introduction du zéro dans notre
système numéral. L’épopée retracée
couvre près de sept cents ans, en somme depuis l’avènement
de l’Empire abbasside et l’expansion de l’arabe
comme langue de savoir jusqu’à la désaffection
de l’observatoire de Samarkand. On y croise notamment le Calife
Hârûn al-Rashîd auquel on doit la construction
du premier hôpital du monde musulman ; Hunain ibn Ishâq,
l’infatigable médecin-traducteur ; Averroès,
le plus éminent passeur de la pensée aristotélicienne
; al-Khwârizmî, le découvreur du calcul indien,
dont le nom est l’étymon du mot « algorithme
»…
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R.
Rashed l’écrivait en 1981 : « Pour
connaître l’histoire objective de la science,
il faut au préalable se débarrasser des ces
schémas usés, hérités du XIXe
siècle, telle la notion d’une renaissance scientifique
aux XVIe-XVIIe siècles, sans autre précédent
que la seule science hellénistique. Il convient, autrement
dit, de comprendre quelle fut la contribution à la
science de cette société dont l’acte annonciateur
remonte à l’hégire. ». On constate
en effet que, dans quelque discipline que ce soit (droit,
géométrie, chimie et alchimie, etc.), le monde
arabe a toujours entretenu une vie intellectuelle foisonnante
et raffinée, qui n’avait rien à envier
à celle de l’Occident chrétien. On se
persuade surtout qu’un pan entier de notre culture nous
vient en droite ligne de ces carrefours de l’érudition
que furent Tolède, Bagdad, Grenade, Kairouan ou Damas.
Un legs inestimable, dont on ne voit ici que la pointe émergente. |
Frédéric
Saenen
(janvier 2006)
Frédéric
Saenen, licencié
en philologie romane, professeur de français-langue étrangère,
auteur et poète, collabore à de nombreuses revues
de poésie ou de critique littéraire, en Belgique et
en France et participe régulièrement à des
lectures publiques. Depuis mai 2003, avec Frédéric
Dufoing, il anime Jibrile, revue de critique
littéraire et politique.
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