|
Un
ABC du théâtre
«
C’est un livre d’observation, en grande partie d’auto
observation, je l’avoue. (…) fondé sur la conviction
que le théâtre et le jeu de l’acteur sont au
centre de notre situation d’êtres humains et éclairent
bien plus que leurs seuls domaines », confie Simon Callow
en préface de Dans la peau d’un acteur.
Ce nom ne vous dit rien ? Pourtant vous n’avez pu oublier
son personnage de Gareth dans Quatre mariages et un enterrement…
C’est bien lui qu’on enterre, les larmes aux yeux !
Voici enfin la traduction française de son livre —
guide, manifeste, autobiographie —, acclamé dès
sa parution en 1984 dans les pays de langue anglaise et devenu depuis
une référence incontournable, tant pour les acteurs
que pour les mordus de 7e art.
Simon Callow
retrace d’abord son parcours de jeune acteur dans les années
1970-80, années fondatrices faites de blocages, de déblocages,
d’échecs et de révélations — «
Il est, à ma connaissance, impossible d’apprendre des
mots : ce qu’on apprend, ce sont les modèles de pensée
du personnage, dont les mots sont l’expression inévitable.
» De son job au triage du courrier à l’Old
Vic Theatre dirigé par Laurence Olivier au rôle titre
de Mozart sur la scène du Royal National Theatre, l’acteur
se raconte et sa plume mordante nous transporte au cœur même
du théâtre, de ses codes et ses rituels.
 |
La
seconde partie, née d’une lettre au dramaturge
Edward Bond, permet de toucher à « la réalité
des coulisses », à savoir le métier d’acteur
en pratique, au jour le jour. Guide désopilant à
l’adresse des apprentis acteurs, qui s’ouvre sur
le mot « chômage », se referme sur un constat
impitoyable du théâtre anglais actuel, en passant
par un manifeste contre l’empire des metteurs en scène
qui menacent œuvres et acteurs, et où il appelle
son « peuple colonisé (…) dépouillé
de toute initiative et responsabilité »
à reprendre ses droits, quitte à subir les revers
d’une « post-colonisation » ! |
Réflexion
qui s’étoffe dans la dernière partie, avec le
recul des années (20 ans après) où l’homme,
fort d’un parcours inégalé — rares sont
les comédiens qui réussissent à passer du théâtre
à l’écran, encore plus rares ceux qui cumulent
les casquettes d’acteur, auteur, réalisateur ! —,
livre son opinion sur les dérives du théâtre,
qui, selon lui, s’est éloigné des spectateurs
— « au théâtre, le public est tout
; faire qu’il comprenne, soit satisfait, se divertisse, s’instruise,
se transcende, voilà tout le but de notre travail. »
— et d’en rappeler sa raison d’être : «
unir un groupe d’êtres humains pour la durée
d’une soirée ou d’un après-midi afin de
leur remettre en mémoire ce sens de la communauté
par ailleurs mort et oublié, masser l’imagination fatiguée
pour la ranimer, et célébrer sous la forme vivante
des acteurs eux-mêmes les possibilités d’être
un humain ».
Vivifiant et
inspirant.
Maïa
Brami
(octobre 2006)
Née
en 1976, Maïa Brami
est écrivain — pour petits, moyens et grands! —
et journaliste. En parallèle aux ateliers d'écriture
dans les écoles et lycées, elle anime une chronique
hebdomadaire sur la littérature Jeunesse dans l'émission
Au fil des pages, diffusée sur les ondes de RCF.
Après un premier roman, Vis ta vie Nina (Grasset
Jeunesse, Prix Chronos 2002) elle a reçu en juin 2005 le
Prix Matti Chiva de l'Institut Danone pour un album, Goûte
au moins! (éditions Circonflexe).
Derniers titres paru : Mon arbre ami illustré par
Ingrid Monchy (Les albums Duculot, Casterman, 2005), un roman, Norma
(Folies d'Encre, 2006), En rentrant de l'école (Grasset
jeunesse, 2006)...

http://www.editions-espaces34.fr/
|