Le Soupir
Bréal jeunesse, 2004
à partir de 10 ans

 

 

Un conte aux illustrations candides, pour moyens et grands.

Un commerçant, qui élève seul ses trois filles, exauce leurs vœux en leur rapportant de ses voyages des cadeaux précieux, mais Rose, la cadette, n’obtient pas le haricot bleu tant désiré. Le père dépité ne sait qu’entreprendre quand entre en scène « Ah ! », le soupir « personnifié » émis par la jeune femme.
Ah ! remet la plante au commerçant en échange d’une promesse : le haricot planté donne 365 graines, puis, au bout d’un an, Ah ! revient, emportant avec lui la jeune fille - le père avait donné sa parole et « la parole de l’homme est une ».
Rose est enviée de ses sœurs car elle vit désormais dans un palais ou l’on exauce ses désirs au prix d’un grand sommeil. Un soir cependant, par ruse, elle aperçoit le prince du royaume des soupirs et voilà qu’ils deviennent « officiellement amoureux ».
Mais, par une curiosité déplacée, Rose ôte au creux de l’aisselle du prince la plume qui lui apportait souffle de vie. Celui ci plonge alors dans un grand sommeil. Pour se punir, Rose formule le souhait d’être « vendue au marché aux esclaves ».
Rose va traverser beaucoup d’épreuves au cours desquelles elle prouvera sa bonne foi, sa rigueur, son intégrité, et vaincra ses propres peurs. Grâce à une ultime bonne action, elle se retrouve en possession de la plume magique, avec laquelle elle redonnera vie à son prince, en sachant que « la vie ne tient qu’à si peu de chose, la vie n’est qu’un soupir… ».

Marjane Satrapi nous surprend, dans ce roman inspiré de la tradition persane, par son humour extravagant qui sauve ce conte moderne d’un classicisme rébarbatif. Dans cette quête de soi, l’auteure donne à son héroïne la liberté d’agir et d’être actrice de sa propre liberté. Les épreuves traversées par Rose sont multiples, et révélatrices de la cruauté et de la culpabilité des êtres. Mais les deux héros reviendront symboliquement à la vie après en avoir perçu la fragilité. Un ouvrage aux sens multiples qui sert le domaine du conte pour mieux le « désamorcer ».

Cendrine Genin
(mai 2005)

Cendrine Genin, après des études de philosophie et de lettres, a suivi une formation de libraire ; une passion totale pour la littérature jeunesse ainsi que pour la danse l’ont incitée à collaborer à Sitartmag, depuis 2000 ; l'écriture est son autre domaine de prédilection et elle compte pouvoir prochainement faire partager son univers à de jeunes lecteurs.

dans la même collection : Sept petits porcelets de D. de Monfreid

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