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Brouiller les pistes et les
genres
Vincent est
un jeune homme singulier, insaisissable et versatile. Il aime la
nuit, il opère à l’aube, il vit dans une chambre
de bonne qu’il a meublée des bagages dérobés
dans les TGV à bord desquels il monte lorsqu’ils sont
à quai. Vincent déteste les voyages.
Son histoire commence pendant son dernier vol, à la gare
Montparnasse à bord du TGV en partance vers Quimper. Il y
vole la valise d’une jeune femme blonde aperçue furtivement.
De retour chez lui, quand il fouille le bagage, il prend peur et
comprend que Marie, sa propriétaire, est en danger. Il y
trouve un pyjama de soie taché de sang et l’occasion
de se racheter. Vincent prend deux décisions : renoncer aux
vols et retrouver Marie. Il trouve du travail dans une pizzeria
à l’ambiance familiale et bon enfant tenue par deux
frères siciliens. Aidé par un auteur de romans policiers
à succès mais en panne d’inspiration, il se
lance ensuite sur la piste de Marie. Ses investigations l’entraînent
dans le milieu du cinéma d’horreur de série
B et dans la faune vampirique de Paris. Qui est donc exactement
Nicolae Brasov, cet acteur étrange au teint pâle comme
celui d’un vampire, qui fut le partenaire trop charismatique
de Marie ?
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Vincent
entame un voyage sombre au cœur de la nuit, où
évoluent des personnages échappés des
romans de Bram Stoker ou d’Anne
Rice.
On
reconnaît la marque de Sarah K. dans ce gros roman écrit
à la première personne. Elle aime à brouiller
les pistes et les genres et à entraîner le lecteur
sur des chemins de traverse, là où il ne s’y
attend pas. Entre policier et fantastique, entre réalité
et fiction, le récit se lit avec intérêt
et curiosité car on se demande au fil des pages qui
est véritablement le narrateur, jusqu’à
la révélation finale.
L’une des matières de Sarah K est la littérature
et les écrivains, qui sont souvent des personnages
de ses romans (Créature contre créateur
paru chez Nathan en 2005, ou
L’Homme au chapeau). Celui-ci ne fait
pas exception.
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L’homme
au chapeau (Magnard, 2004), est un très joli
livre qui évoque Franz Kafka. La
narratrice du roman se nomme Erna, elle a 9 ans et, en septembre
1923, elle fait une belle rencontre dans le parc Stegletz à
Berlin où elle a coutume de se promener avec sa gouvernante
Lisbeth. Alors qu’Erna est en pleurs car sa poupée
adorée, Léni, a disparu, elle heurte « L’homme
au chapeau », maigre, grand, et vieux. Aussitôt s’installe
entre eux une belle connivence. L’homme explique à
Erna que sa poupée n’est pas perdue mais partie en
voyage et qu’elle écrit des lettres. Chaque jour, Erna
attend la lettre que monsieur Kafka a reçue de Léni
pour Erna, lettre qu’elle dévore ensuite car celle
de la veille s’est arrêtée brutalement et l’a
laissée en attente.
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Erni
s’inquiète aussi pour Franz qui n’a pas
l’air en bonne santé et elle aimerait en savoir
plus sur la vie de ce vieillard de 40 ans. Jusqu’au
jour où Kafka lui apporte la dernière lettre…
C’est un très joli roman, tiré d’ailleurs
d’un fait réel, une histoire d’amitié
entre deux personnes très différentes et aussi
un bel hommage à l’écriture et à
son pouvoir de fascination sur les lecteurs. L’action
se situe un an avant la mort de l’écrivain et
le roman comprend une présentation rapide de Kafka
en préambule.
Catherine
Gentile
(mars 2006)
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Catherine
Gentile est documentaliste, formatrice en littérature
jeunesse, présidente de l'Association du Festival du Livre
de jeunesse et de bande dessinée de la ville de Cherbourg-Octeville
et auteur de Bulles en stock (Bibliographie
sélective et commentée de bandes dessinées,
ed. Cedis, 1999) ; elle chronique aussi littérature de jeunesse
et bande dessinée dans la revue Inter CDI.

http://www.grasset-jeunesse.com/index.htm
http://www.magnard.fr/jeunesse/
De
Sarah K. :
La sorcière qui détestait
les cadeaux, les enfants et … Noël !
Illustrations de Ronan Badel - Nathan, 2005
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