de Dario Argento

Italie 2001 durée 1h50

Sortie 13 mars 2002

 

avec Max Von Sydow, Chiara Caselli, Stefano Dionisi, Gabriele Lavia.

Après Le Fantôme de l'Opéra et quatre ans d'absence, le cinéaste baroque est de retour avec Le Sang des Innocents sur les mains. Un retour très attendu par les aficionados (dont nous sommes), tout comme il est question de "retour" dans ce film : en 1983, Le Nain frappe trois fois, trois meurtres de femmes, trois coups pour ouvrir la scène. Puis il entre en léthargie, l'enquête est bouclée semble-t-il : on le retrouve mort dans le lit d'une rivière.
Dix sept ans après, une prostituée est sauvagement assassinée, la série reprend… Les enquêteurs suspectent à nouveau Le Nain, même mort. Son fantôme rôde, à moins qu'il ne s'agisse de son "copycat", autrement dit d'un imitateur.
Giacomo avait douze ans lorsqu'il a été le témoin du meurtre affreux de sa mère. En 2000, il en a trente et reste hanté par le tueur en série, la scène primitive. Le Sang des Innocents est aussi une histoire de famille, oedipienne. Amnésie, retour du refoulé, anamnèse qui permettra de dévoiler le coupable.
On reparle à nouveau du Nain, aussi Giacomo revient à Turin pour le traquer, le démasquer. A ses côtés : l'inspecteur à la retraite Ulysse Moretti, chargé de la première enquête. Comme à l'accoutumée chez Dario Argento, les investigateurs sont "décalés" : un jeune homme à la mémoire hantée, un flic vieillissant, solitaire, usant de vieilles méthodes (la logique, la psychologie, l'intuition) et rejetant les techniques modernes (écoutes téléphoniques, tests ADN,…). Comme Ulysse, éternelle légende grecque, Dario, le Romain, n'a pas changé : mêmes mises en scènes virtuoses et efficaces de la peur (la scène du train est époustouflante), mêmes lumières un peu délavées et intemporelles, même type de bande-son entêtante et terriblement efficace, et l'érotisme omniprésent, se réfugiant bientôt dans les bras de la mort…
Argento revient à ses premières amours : le "giallo", désignation italienne de la série noire. Son cinéma est toujours aussi libre et passionnant.

Jean-Emmanuel Denave
(mars 2002)

http://sinart.free.fr/websf/dario%20argento.htm

http://www.lefantastique.net/cinema/dossiers/argento/femme_argento.htm

http://my.en.com/~tmr/argento.html

http://www.argento.vervost.de/

http://www.revok.com/film/dario.html