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Sous
le signe de la Beauté.
Beauté
de l’objet livre, au papier glacé et soyeux, serti
d’une myriade de statues de Michel-Ange, capturées
par l’objectif expert de la photographe Marie-Françoise
Plissart et véritable ravissement pour le lecteur.
Beauté du sujet et de l’objet : « par son
ciseau, la pierre elle-même se plierait au temps – et
à l’éphémère, l’éternelle
donnerait corps ». Le simple et brut minerai devenant
objet d’art éternel sous la caresse du sculpteur.
Beauté jaillissante et intimement ressentie par l’artiste
: « Ayant perçu combien est aveuglante la beauté,
l’Ange à présent voulait la fuir – mais
c’était elle qui le poursuivait ».
Mais aussi beauté du texte de la narratrice à l’écriture
lumineuse, éclatante et esthétique même lorsqu’elle
dit la douleur et le manque : « ...dans une efflorescence
dorée, les courbes d’une Vierge se mêlaient aux
caresses qu’il n’avait pas reçues ».
La « sorcellerie évocatoire » des mots de Sandrine
Willems emporte le lecteur pour le plonger au coeur de ce XVIe siècle
violent, intolérant («Rome de toutes parts s’illuminait
de bûchers, où expiraient des réformistes»)
mais esthète.
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Cette
écriture pleine de magie capte des fragments de vie
de Michel-Ange et les restitue avec une intensité raffinée.
Elle ne se contente pas de traduire le réel ; elle
le recrée et le transfigure. Michel-Ange est alors
extraordinairement présent, vivant. La prédilection
de Sandrine Willems pour les termes qui disent la luminosité,
la transparence, la fragilité, métamorphose
les désirs de l’artiste : « En un marbre
Michel, toujours puiserait la transparence, et son rêve
eût été de sculpter le cristal ».
Ses amours brûlantes et excessives font de lui, dans
le texte et dans le réel, un magicien qui d’un
simple bloc de marbre fait jaillir un David. Le réel
et le mythe s’imbriquent sous la plume de la narratrice
pour donner voix et corps à un créateur de génie
et révéler une femme de lettres d’un immense
talent
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Annie
Forest-Abou Mansour
(décembre 2005)

Roman
dans les Ronces
(Les Impressions Nouvelles, 2003)
Le
sourire de Bérénice (Les Impressions
Nouvelles, 2004)
http://www.lespierides.com/in/
http://www.lespierides.com/in/cvwillems.html
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