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Salpote,
moraliste rebelle…
Avec sa gueule
tordue, son vieux marcel, sa crête rose ou bleue et ses allures
de punk sur le retour, Salpote n’a rien pour inspirer la confiance…
Et pourtant, après Salpote te met au régime
et Salpote t’aide à préserver
la planète, il n’est plus question de
remettre en cause les compétences hors pair du personnage,
éducateur certes insolent et passablement iconoclaste, parfois
pris au piège de son propre discours (quand il tombe sur
des interlocuteurs légèrement obtus ou qu’il
cède à la tentation…) mais qui aime jouer «
au grand frère » et tente de remettre quelques pendules
à l’heure, celles du savoir-être, avec un tact
(et un langage) qui n’appartient qu’à lui…
sans moralisme outrancier, on s’en doute.
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Ainsi,
il aborde le respect et la tolérance (« Tolérant,
ça veut dire cool, ouvert d’esprit, compréhensif,
curieux de l’autre, tout le contraire d’une
brute bornée, tu piges ? ») ou l’être
et l’avoir (« Nouille, Nigaud, Andouille
!!! Tu crois que tu es ce que tu as ? ») avec
un pragmatisme salutaire qui, évidemment, parle au
lecteur, s'interrogeant sur la folie consumériste
ou l'agressivité inutile. Au-delà des sourires
qu’il nous arrache (tout âge confondu, en particulier
quand il s’émeut de la grâce d’un
papillon ou s’ébat – moins gracieusement,
il faut le dire – dans les champs…), les préoccupations
citoyennes, voire philosophiques, du protagoniste sont évidemment
dignes d’intérêt, même si le naturel
revient au galop dès qu’il ne se surveille
plus… Car l’on peut avoir des principes et des
valeurs, mais un peu de laxisme ne fait pas de mal non plus…
(le moralisme d’un schtroumpf à lunettes, très
peu pour lui, surtout quand son petit côté
rebelle se réveille).
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Aussi,
Salpote fait-il œuvre d’utilité publique,
en s’adressant directement au jeune lecteur –
il est vrai qu’il ne l’épargne guère,
le traitant de « microbe », de «
sac à crottes de nez » ou autre «trogne
de polisson », et le malmène un peu, prêt
à lui « secouer la couenne »
quand il le faut… mais c’est pour son bien,
et le lecteur l’accepte, et en redemande ! Et même
s’il se montre parfois piètre orateur et n’excelle
pas à mettre en application ce qu’il prêche,
on l’aime bien, Salpote, car il est comme nous tous
– faillible. En un mot, humain.
B.
Longre
(février 2008)
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Blandine
Longre, agrégée d’anglais,
est l’une des fondatrices de Sitartmag ; traductrice
et critique littéraire, elle s’intéresse
tout particulièrement aux écritures contemporaines
(francophone, anglophone, asiatique, orientale etc.), à
la littérature pour la jeunesse, au théâtre
(texte et représentation) et aux relations qu’entretiennent
fiction et réel.
http://blongre.hautetfort.com

http://www.editions-thierry-magnier.com/
http://c-desmarteau.club.fr/index.html
Lire aussi
Trouilleland, tome 1 : Angie largue les
amarres de Claudine Desmarteau - Editions du Panama, 2005
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