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conférence
de Mildred Clary le 7 novembre à 18h30
Direction musicale
Iván Fischer
Mise en scène Jean-Claude Berutti
Dramaturgie et collaboration à la mise en scène Rosine Lefebvre
avec
orchestre et choeur de l'Opéra
Un des choix
d'Iván Fischer pour son travail à l'opéra de
Lyon était d'offrir au public lyonnais « au moins une
fois en 10 ans, les grands ouvrages sans qu'il soit obligé
de se déplacer à Paris ». C'est chose faite avec
cet opéra de Dvorák, le plus accompli, dont une production
se déroulera aussi à Paris en juin.
Dvorák, ami de Brahms, compositeur à renommée
particulière en Angleterre et aux Etats-Unis, était
fasciné par le monde moderne, mais s'est inspiré, le
plus souvent, pour sa thématique, des mélodies folkloriques
tchèques. Son souhait le plus cher était d'écrire
un opéra dans la lignée de ceux de Smetana.
Rusalka fut créé il y a 100 ans. Ce conte de fée
folklorique mêle fantastique et sentimentalisme : Rusalka,
fille de l'eau, désire et aime un prince du monde des humains.
Malgré les mises en garde de son père et de la Sorcière
à qui elle demande de l'aide, l'Ondine choisit de devenir
femme bien que le prix à payer soit la perte de la parole.
D'abord fasciné, le Prince se détourne finalement
de la créature muette après une confrontation catastrophique
de celle-ci avec sa cour, puis projette d'épouser une Princesse.
Il reviendra vers la nymphe en trouvant la mort dans un dernier
baiser tandis que Rusalka est condamnée à errer entre
deux mondes.
Les thèmes de cet opéra sont donc multiples et vont
bien au-delà de la nature étrange de la nymphe : impossibilité
de changer de nature, impossibilité de la fusion malgré
le désir, nécessité du langage pour qu'existe
le désir. Chaque personnage est marqué par l'impuissance :
impuissance de Vodník et de la Sorcière à aider
Rusalka, impuissance du Chasseur et du Marmiton à aider le
Prince, impuissance dans le désir et dans l'amour, incapacité
du Prince à vivre et incapacité à mourir pour
Rusalka.
Mais la musique atténue le pessimisme du texte en alliant
souvent des ambiances charmeuses et inquiétantes. Dvorák
dérive vers des couleurs impressionnistes pour le désir
et les larmes, tangue vers Wagner dans les nombreux intermèdes
orchestraux et, comme Rimski-Korsakov, développe fréquemment
les leitmotivs sans les restreindre aux personnages. On ne résiste
pas à ce fleuve mélodique, homogène tant dans
l'écriture que dans les caractères des personnages.
Homogène, la distribution l'est elle aussi. Le déchirement
intérieur du Prince est entièrement compris et parfaitement
rendu par Francisco Araiza. Klaudia Dernerova, habituée de
Rusalka et d'Iván Fischer (on l'avait particulièrement
appréciée dans des chants moraves de Dvorák
au festival de Radio France et de Montpellier avec l'orchestre du
festival de Budapest) est un peu décevante dans le premier
acte, notamment dans la fameuse « romance à la lune » qui,
d'ordinaire, touche les plus indifférents. Mais, dans l'acte
trois, elle retrouve une dimension intérieure juste et l'air
débutant l'acte (« je languis dans l'onde glacée »)
mérite tous les éloges tant la soprano mêle
désespérance et acceptation de l'échec de Rusalka.
Quant à Iván Fischer, il crée un espace orchestral
transparent, privilégiant un son dénudé plutôt
que moelleux pour préserver la spécificité
de la nature de l'Ondine (certains diront au détriment de
la dimension dramatique). Rusalka est sa première direction
scénique lyonnaise et c'est sans aucun doute une preuve de
la diversité du répertoire de l'Opéra pour
les années futures.
Barbara
Marmonier
(novembre 2001)
Opéra
national de Lyon
place de la comédie, 69001 Lyon
location
04 72 00 45 45

Le
site de l'Opéra
http://www.opera-lyon.org
Dvorak
http://perso.wanadoo.fr/alain.cf/jeudvointro.htm
http://w3.rz-berlin.mpg.de/cmp/dvorak.html
Voir
aussi : les mercredis musicaux,
à l'Auditorium, Lyon
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