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Rouge
Rouge Petit Chaperon Rouge détourne
le conte de Perrault : une version méchamment décapante
!
Ici,
le petit chaperon rouge exauce un vœu secret de « rouge
» et renvoie le loup et la grand-mère aux oubliettes
dans un esprit caustique et désopilant. Il était une
fois un petit chaperon «rouge rouge» qui n’avait
peur de rien, rendue heureuse à la seule vue de la couleur
rouge. Mais sa vie était aussi faite des visites à
sa «grand-mère grise», après
de longues et pénibles traversées dans la forêt.
Une grand-mère acariâtre qui se plaint sans cesse et
se donne tous les droits car « moi, je suis malade
» dit-elle à sa petite fille.
Lors
d’une de ses visites, le petit chaperon rencontre en chemin
une « bête énorme. Et noire ! Ni grise, ni
rouge, mais noire. Un loup.» Et Rouge Rouge Petit Chaperon
Rouge de dire «Non» à un loup dépité
! Un non répétitif, lancinant. Déterminée,
elle continue son chemin, indiquant ainsi la route à l’animal,
qui s’empresse d’engouffrer la grand- mère grise
dans un «grwarwahbbriaaa…groingraaa»
! Alors que la petite fille arrive chez cette dernière, attendue
par le loup, les doubles pages suivantes nous invitent à
un dénouement inattendu : «non, pas de grwarwahbriaa…mais
chlackkk…» !!! et le lecteur de découvrir
une petite fille au doux regard , tête penchée, tenant
dans ses mains une hache tachée du sang qui s’écoule
de la maison, ayant englouti d’un seul coup vaillant la grand-mère
grise et le loup noir.
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Dans
la dernière double page de l’album nous découvrons
et imaginons la nouvelle chambre de jeu de la petite fille.
Entièrement rouge, parsemée de jouets rouges,
seule une ombre noire dans le décor, le loup gisant
à terre, une peau de bête, un trophée.
Et Rouge Rouge Petit Chaperon Rouge de nous livrer son vœu
enfin exaucé «Le rouge, ça n’a
pas de limites. Tout ce qu’on souhaite avoir, c’est
rouge, les nouveaux jouets, le tapis neuf…».
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Rouge
Rouge Petit Chaperon Rouge est un album en trois couleurs,
rouge, noir et blanc. Tout est blanc au début de l’album,
sauf cette petite fille rouge de pied en cape. Puis la forêt
est noire, la grand-mère grise. Les illustrations deviennent
rouges au moment de la rencontre avec le loup, qui exaucera le souhait
du petit chaperon. Le dessin, gravure sur bois, est hachuré,
comme taillé au couteau, ce qui donne un aspect rude à
l’ensemble. La forêt est impressionnante, car elle est
représentée par un enchevêtrement d’arbres
et d’ombres confus. Le texte est fait de répétitions
et d’onomatopées, déjà comprises dans
le titre, qui disent l’obsessionnel du langage enfantin. On
ne sait distinguer dans cet album le bon du mauvais, le bien du
mal, tant l'auteur fait preuve d’humour, comme le montre la
dernière phrase : « Mais au fait, le noir, qu’en
pense- t-elle du noir ? ». Un conte féroce à
lire comme un bon thriller, pour se faire peur encore une dernière
fois.
Cendrine
Genin
(avril 2004)
Cendrine
Genin,
après des études de philosophie et de lettres, a suivi
une formation de libraire ; une passion totale pour la littérature
jeunesse ainsi que pour la danse l’ont incitée à
collaborer à Sitartmag, depuis 2000 ; l'écriture est
son autre domaine de prédilection et elle compte pouvoir
prochainement faire partager son univers à de jeunes lecteurs.

Editions
du Rouergue
http://www.lerouergue.com/
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