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Romancier
guatémaltèque, Rodrigo Rey Rosa met ici en scène
le pendant et l'après d'un enlèvement, celui d'un
jeune homme, Juan Luis ; un méfait perpétré
par trois anciens camarades de lycée qui ont fait appel
à deux autres garçons très louches. Les
trois garçons n'avaient pourtant pas prévu le
tour que prendraient les événements et surtout,
que le père de Juan Luis, plus ou moins brouillé
avec son fils, n'aurait nullement l'intention de tenir compte
des ultimatums des petits malfrats.
Ainsi, Juan Luis a dû supporter qu'une partie de son corps
lui soit arrachée puis livrée à ce père
indifférent afin que ce dernier se décide enfin
à délivrer son fils en payant la rançon
exigée.
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Quelques
années plus tard, nous suivons Juan Luis (devenu écrivain),
mutilé mais bien vivant, alors qu'il croise par hasard deux
de ses anciens tortionnaires, entre Tanger et le Guatemala ; Il
est alors partagé entre son désir de vengeance et
une sorte d'apathie morale qui le prive de toute envie de revanche.
Roman court et incisif, L'ange boiteux possède
un style détaché, une sorte de stratégie d'évitement
qui supprime angoisse et horreur mais, il faut le dire, qui annihile
aussi toute trace de suspense. L'auteur préfère centrer
sa narration sur quelques scènes où les protagonistes
laissent voguer leurs pensées et leurs doutes, et certaines
actions sont comme filmées au ralenti. Certains trouveront
là matière à nourrir leur réflexion,
en particulier lors des moments d'introspection de Juan Luis, qui
lui aussi semble parvenir à atteindre un stade d'indifférence
au monde plutôt troublant ; mais ces passages paraissent bien
minces pour maintenir le roman à flot et ne suffisent pas
toujours pour préserver intacte l'attention du lecteur.
B.
Longre
(mai 2002)

Gallimard
http://www.gallimard.fr/
Entretien
avec l'auteur
http://www.lmda.net/mat/MAT02211.html
Paul
Bowles
http://authologies.free.fr/bowles.htm
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