L’évolution, l’aventure de la matière vivante
Renato Massa

Traduit de l’italien par Dominique Vittoz
Editions du Rouergue, 2007

 

 


Le beau savoir

Bien souvent, les beaux livres sont beaux mais vides. Bien souvent les gros livres sont décourageants ou intimidants. Rien de tout cela pour ce gros et beau livre sur l’évolution. C’est une encyclopédie, mais on y trouve aussi des narrations, des débats philosophiques, des «regards critiques et historiques », organisés en dix-huit courts chapitres qui en rendent la lecture aisée et libre.
Le livre est composé de deux parties. La première porte sur le darwinisme, son histoire, son contexte, ses implications (biogéographie, spéciation, adaptation, sociobiologie, convergence). Un chapitre intitulé « Cadre » introduit aux nouvelles découvertes sur la structure de la matière et les origines de la vie. Ainsi, aux théories classiques de l’évolution sont reliées les connaissances modernes sur le code génétique, l’ADN, les premiers unicellulaires, etc. Suivent des chapitres sur la vie dans les océans et sur terre, avant même le temps des archosauriens (ancêtres des dinosaures) et jusqu’à aujourd’hui (les mammifères, origine de l’homme). Un chapitre sur la question de l’intelligence place l’homme dans un ensemble, «approche comparée » qui « ne nie pas l’homme » mais lui pose des questions. L’ouvrage se clôt sur une évaluation de la validité du darwinisme, dont plusieurs aspects ont été combattus autrefois et sont aujourd’hui réaffirmés.

Cette affirmation de l’importance et de l’actualité du darwinisme aboutit à une prise de position forte en fin d’ouvrage pour une conservation des espèces menacées, animales et végétales, et une prise de conscience du danger que court aujourd’hui l’humanité « civilisée », ou même, selon les termes écologiques, « domestiquée », c’est-à-dire dépendante d’un « écosystème à nutrition forcée » (qui fournit de la nourriture et des biens grâce au travail de l’homme, des animaux puis des machines mais risque de détruire à tout jamais l’équilibre des quelques écosystèmes naturels restants).

Les illustrations, en couleurs, sont très variées : photos, planches, captations de microscope, dessins… et font de ce gros livre un beau livre qui plaira aux jeunes gens et jeunes filles qui s’intéressent déjà à cette question comme à tout adulte désireux de faire le point sur cette question.

Anne-Marie Mercier-Faivre
(novembre 2007)

Anne-Marie Mercier-Faivre est professeure des Universités. Elle enseigne à l'IUFM de Lyon et à l'Université Lumière-Lyon 2.

 

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