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La
vie des Dinosaures
Ce titre
peut laisser croire à une histoire banale d’amitié
entre un enfant et un animal, Rex étant un nom classique
de chien. Mais on sait d’avance que le dernier album
du duo Bernard et Roca, qui nous offrent toujours des surprises,
surprendra. Ici, on découvre dès la couverture
du livre que l’on se situe dans un autre univers,
puisque les deux personnages qui y figurent sont des dinosaures
: « Rex » est un tyrannosaure (du type tyrannosaurus
Rex), tandis que le narrateur est un « petit »
saurien (les adultes de son espèce font environ 1,
80 m).
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Malgré
ce décalage, on retrouve une trame assez classique : le
héros, Iggy Pick, grâce à son courage, sauve
son amie Zaia en s’interposant entre elle et le gigantesque
Rex. Ainsi commence une amitié avec l’immense tyrannosaure
et la rencontre avec d’autres espèces, celles de
ceux qui sont nommés ici les « grands ». La
rencontre avec Liz, jeune et belle diplodocus (donc bien trop
grande pour lui), pour laquelle il éprouve un amour qu’il
croit possible, est l’occasion d’évoquer la
possibilité d’une entente entre « grands »
et « petits », et même d’une collaboration,
inventée grâce à la curiosité et à
l’ingéniosité d’Iggy. Petites aventures,
survie, amours et explorations, Iggy et ses amis vivent dans ce
pays et nous le font découvrir. S’étendant
sur l’espace des doubles pages, les magnifiques images de
François Roca montrent la lumière filtrante des
sous-bois, la fumée de l’incendie, la savane et les
bords de lac. Elles rythment aussi l’histoire grâce
à des cadrages audacieux, des variations de plans.
Tout en se
situant dans les premiers âges de la terre, cet album n’a
rien de lourdement didactique : aucun nom d’espèce
n’est donné (Iggy le petit saurien narrateur n’est
pas un spécialiste !) on parle de « grands »,
par opposition aux plus petits. On évoque « ceux-qui-volent-et-mangent-du-poisson
» et « ceux-qui-sortent-de-l’eau-avec-des-pattes
». Pas de didactisme lourd, mais pas de mensonge non
plus : on est dans un monde où les grands mangent les petits
(le père d’Iggy est un peu plus docte, et nomme cela
la « chaîne alimentaire») et où
tout cela est rude mais normal : Iggy perd un morceau de queue
dans sa lutte avec Rex, il est petit à petit couvert de
cicatrices, mais il n’y a pas de bons et de méchants.
Ainsi, cet album propose un univers vivant, des personnages, des
situations. Il les présente sans cuistrerie ni niaiserie.
Il propose aussi une belle aventure, un récit d’initiation,
à travers un texte vif, drôle, qui fait entendre
une voix jeune et crâneuse, celle d’Iggy le saurien.
Anne-Marie
Mercier-Faivre
(janvier
2008)
Anne-Marie
Mercier-Faivre
est
professeure des Universités. Elle enseigne à l'IUFM
de Lyon et à l'Université Lumière-Lyon 2.

http://www.albin-michel-jeunesse.com/
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