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Placere
et docere
La
revue Littéraire, après 27 livraisons
mensuelles, change de périodicité : elle devient trimestrielle,
ce qui pourrait décevoir ; mais dans sa nouvelle formule,
elle offre bien pour trois mois de lecture, en particulier grâce
à l’introduction d’un« dossier »
sur un écrivain. Pour ce numéro d’automne, c’est
d’Hélène Bessette qu’il s’agit :
écrivaine trop méconnue – malgré les
éloges et le soutien de Raymond Queneau et de Marguerite
Duras notamment – , elle est l’auteur de «
l’une des œuvres les plus originales, acides, déstabilisantes
de ce temps, ce qui met toujours vraiment un peu de temps à
être, sinon accepté, du moins simplement vu et connu
», selon Laure Limongi. D’autres voix se joignent
à ce bel hommage : celles de Mathieu Bénézet,
Julien Doussinault, Céline Minard, Frédéric
Léal et Nathalie Quintane.
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Le
reste est à l’avenant, donnant à lire
successivement textes littéraires, chroniques, critiques,
entretiens, notes en abondance, ainsi que la suite des Leçons
de Pierre Guyotat sur la langue française à
l’université Paris 8 (pour cette fois, sur Rousseau).
Cela commence par une jolie fable acerbe de Françoise
Sagan mettant en cause son éditeur, et continue avec
des proses diverses et stimulantes de Virgil Tanase, Emmelene
Landon et Michel Mourlet. Dumitru
Tsepeneag, dont les « Frappes chirurgicales »
donnaient naguère le ton de sa revue Seine
et Danube, a pu les poursuivre ici, pour le bonheur
des lecteurs et la santé de l’actualité
littéraire ; elles sont complétées par
les « rentrées littéraires » de
Christian Authier qui, lui aussi, contribue à faire
un ménage salutaire dans cette actualité. |
Quatre premiers
romans font l’objet de « découvertes »,
complétées par des entretiens éclairants avec
leurs auteurs : Jonathan Littell (qui a tôt fait, en quelques
semaines, de ne plus être une découverte), Laurent
Quintreau, Philippe Pollet-Villard, Laurent Marty. Faute de pouvoir
rendre compte de toutes les notes de lecture, on peut en prélever
quelques échantillons représentatifs : recension de
quelques autres premiers romans (dont Rhésus d’Héléna
Marienské), de quelques ouvrages étrangers, et d’écrivains
déjà plus ou moins confirmés (Camille Laurens,
Patrick Rambaud, Christine Angot, Benoît Duteurtre, Richard
Millet, Serge Joncour…).
Léo Scheer,
Florent Georgesco et leurs comparses proposent là un bel
et bon volume, qui ne cède pas aux phénomènes
de mode, qui ne cherche pas non plus l’originalité
à tout prix. Pour le plaisir et l’instruction des amateurs
de littérature, cette nouvelle formule est de bon augure
pour les trimestres à venir.
Jean-Pierre
Longre
(octobre 2006)
Jean-Pierre
Longre enseigne la littérature contemporaine
à l’Université Jean Moulin Lyon 3. Auteur d’études
sur divers écrivains du XXe siècle, collaborateur
de revues, il a participé à la publication des romans
de Queneau dans la Bibliothèque
de la Pléiade, s’intéresse à la comparaison
des arts (littérature, musique,
peinture) et effectue des recherches sur les littératures
francophones (Roumanie et Belgique
en particulier). Derniers ouvrages parus : Raymond Queneau
en scènes (Presses Universitaires de Limoges,
2005) et Jean
Prévost aux avant-postes (Collectif,
avec William Marx, Les Impressions Nouvelles, 2006).

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